un dîner sept étoiles

Publié le par Ding

Je croyais que les meilleurs hôtels étaient notés cinq étoiles. Erreur. En bordure du complexe olympique de Pékin, surplombant le "cube d'eau" et le "nid d'oiseau" (voir récit précédent Nouvelles de Pékin ), le Pangu Hotel en revendique sept. Il se les est peut-être données lui-même mais il les mérite avec une décoration signée d'un designer italo-brésilien de renom, du marbre à profusion et 234 chambres  et suites d'un luxe qui en font un hôtel presque intime, mais comme on en voit peu, sauf peut-être les palaces de Dubai (pour quelques images, voir link ).

Nous avons dîné avant-hier dans la plus belle de ces suites, le Sky Courtyard, 770 m² sur deux étages. La salle à manger est un patio de dix mètres de haut, avec un toi ouvrant silencieux qui découvre le ciel en été. Le sol est gris sombre comme il sied à Ppékin, les boiseries sont en bois tropical, la table ronde est un tambour rouge séculaire, la décoration ayant été pensée par Sir Donald Tang, le fondateur du célèbre China Club de Hong Kong. A l'étage, un mobilier chinois traditionnel met en valeur quelques très belles pièces, qui ne dépareraient pas le musée de la Cité interdite. Le décor mural est peint à la main. Des deux baignoires jumelles de la grande salle de bain, on domine le cube d'eau et le nid d'oiseau illuminés dans la nuit.

Nous sommes reçus à dîner par un riche Pékinois, issu d'une grande famille fortunée connue à Hong Kong et en Asie du sud-est, fortune familiale évaluée à 10 milliards de dollars. Notre hôte est aimable, désireux de séduire et affiche une francophilie de bon aloi. C'est aussi un gastronome averti, qui a réservé à ses invités un banquet chinois somptueux : le boeuf, japonais, fond littéralement dans la bouche, les crevettes du Pacifique sont microscopiques, la tête de thon phénoménale, les champignons centenaires et les nouilles, faites devant nous, sont si fines qu'elles passent dans le chas d'une aiguille. La France est à l'honneur puisque nous dînons au Dom Perignon et au Château Laffitte 1986, bu dans le meilleur Baccarat.

Nous souhaitons bon voyage à notre hôte, qui s'apprête à partir pour la France et regagnons nos pénates dans notre modeste Peugeot qui fait ce soir figure de citrouille. Nous serions bien restés un peu plus, mais la suite est un peu chère (99 500 € la nuit).  Nous savons désormais ce qu'il faut vous conseiller si vous cherchez un jour la meilleure chambre de Pékin.

Publié dans Nouvelles de Pékin

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