Chine : notes de lecture (mises à jour le 2 novembre 2014)

 
La Chine est aujourd'hui l'objet d'une couverture de presse très importante. La presse chinoise, même si elle ne peut tout dire, est aujourd'hui d'une grande richesse et sa lecture est très instructive, même si les journaux chinois en anglais ne sont pas pleinement représentatifs (ils sont destinés aux étrangers). La presse internationale consacre aussi à la Chine de très nombreux articles. Si certains peuvent décevoir, car simplistes ou marqués par des a priori,  beaucoup sont excellents, notamment ceux des organes de presse qui maintiennent en Chine des correspondants expérimentés, dont certains sont d'excellents spécialistes du pays.

Ci-après une petite sélection d'articles récents qui, vus de Chine, paraissent bien décrire les sujets de l'heure. Vous pourrez accéder à ces articles en cliquant sur les liens ou len les recopiant dans votre navigateur. Dans certains cas, le journal peut vous demander de vous inscrire sur son site. Comme toute sélection, celle-ci est bien sûr subjective.

 

Bonne lecture !

 

Photos PPRI3 09 001 L'Inde et la Chine sont deux géants voisins, mais très peu d'Indiens vivent en Chine et très peu de Chinois vivent en Inde. Il existe pourtant de longue date une petite communauté chinoise à Calcutta et dans les villes voisines, au débouché de l'ancienne route commerciale qui traversait naguère le Tibet et le Sikkim. Mais cette petite communauté a eu beaucoup à souffrir de la guerre sino-indienne de 1962. Beaucoup de Chinois furent alors internés par les autorités indiennes. Ils se souviennent encore aujourd'hui de ces années difficiles. Le petit Chinatown de Calcutta a continué à se vider depuis lors : il restait quelque 10 000 Chinois au début des années 2 000, guère plus de 2 000 aujourd'hui. 


 

Trudy Harris le raconte pour l'AFP : link https://sg.news.yahoo.com/indias-fading-chinese-community-faces-painful-war-past-054803285.html

 

Photos PPRI3 06 258

 

En arrivant à Fort Cochin (Kerala, Inde) par l'île de Vypeen le 5 décembre 2013 (voir notre journal ), nous avions été intrigués par les spectaculaires filets chinois disposés sur les deux rives. Etaient-ils vraiment chinois ? anciens ou récents ?

 

En fait, il semble bien qu'ils soient anciens, apportés peut-être par le célèbre navigateur chinois Zheng He et plus probablement par les Portugais. Mais, s'ils sont toujours bien visibles aujourd'hui quoiqu'en plus petit nombre (il en resterait douze), ils prennent de moins en moins de poisson et les pêcheurs ne survivent que grâce aux dons des touristes.

 

Voyez l'article de Chacko sur son blog link  (http://revealingkerala.over-blog.com/article-35342083.html ) et le récit de Rachel O'Brien pour l'AFP :

 

link ( https://au.news.yahoo.com/a/25266027/centuries-old-chinese-fishing-tradition-fades-on-indian-shores/ )

 

 

Le phénomène est connu depuis plusieurs années mais il va croissant : les Chinois écrivent de moins en moins au stylo ou au pinceau, ils saisissent leurs textes au clavier de leur ordinateur ou (et surtout) de leur téléphone portable (sommes nous très différents ?). Pour ce faire, ils tapent les syllabes en pinyin (en lettres latines) et c'est l'ordinateur ou le téléphone qui propose les caractères possibles. A la longue, même chez les gens instruits, l'habitude d'écrire les caractères chinois se perd et leur compréhension finit par s'altérer. Le jour où il faut écrire à la main un texte même très simple, on ne sait plus comment écrire tel ou tel caractère. Les erreurs et les confusions deviennent fréquentes, même avec les mots de la vie quotidienne. Le preneur de notes doit transcrire certains caractères en pinyin sur son calepin faute de se souvenir du caractère qu'il connaissait pourtant bien.

 

Ceci inquiète fort les défenseurs de la langue, car toute une nation risque de perdre la maîtrise de ces caractères millénaires qui sont au coeur de son identié culturelle. Jin Zhu le raconte dans le China Daily, mais Raymond Zhou fait observer qu'une grande partie de la population, qui a une approche utilitaire de la langue, s'en accomode sans états d'âme :

link http://www.chinadaily.com.cn/beijing/2013-08/21/content_16909931.htm

link http://usa.chinadaily.com.cn/china/2013-08/31/content_16933849.htm

 

Selon une théorie défendue par certains depuis des décennies, les habitants du village de Liqian, au Gansu, seraient les lointains descendants de légionnaires romains, engagés comme mercenaires par les Huns et faits prisonniers par les Chinois en 36 av. JC. Leurs cheveux et leurs yeux plus clairs et des prélèvements d'ADN sont mis en avant pour justifier cette hypothèse historique, qui est loin de faire l'unanimité. Un  centre d'études italo-chinois, installé à Lanzhou, la capitale provinciale, étudie la question.

 

Quoi qu'il en soit, le commerce ne perd jamais ses droits et les habitants de Liqian attirent les touristes en se grimant en légionnaires d'opérette. Cela donne des photos assez surréalistes, que vous trouverez dans le Global Times :

link http://www.globaltimes.cn/content/799873.shtml#.UfcF-_jsVmQ

 

Le phénomène est bien connu en Chine : les jeunes subissent, à partir de 25-27 ans, une pression intense pour trouver un conjoint. Les parents sont en première ligne. Anxieux de perpétuer la lignée et de disposer d’une descendance pour veiller sur eux pour leur vieux jours, ils invitent – le terme est faible – leurs enfants à trouver l’âme sœur. Beaucoup d’entre eux cherchent eux-mêmes le partenaire idéal par voie de petites annonces ou sur la toile. La pression s’exerce en particulier sur les jeunes femmes jugées trop exigeantes qui peinent à trouver l’élu de leur cœur. Passé 30 ans, on les désigne sous le terme peu flatteur de « shengnu », les femmes laissées pour compte. Les autorités s’y mettent aussi et la pression est si forte que beaucoup finissent par céder. A 35 ans, le taux de célibat tombe à 10 %. Les résistances contre cette pression sociale sont rares mais elles existent. Julie Makinen et Don Lee le racontent dans le Los Angeles Times :

 

link http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-leftover-women-20130714,0,4789913.story

 

Trois semaines après le méfait du jeune Ding Jinhao en Egypte (voir article précédent), une autre affaire suscite la colère sur l'Internet chinois : la triste fin d'un dauphin sur une plage de Sanya (Hainan, Chine du sud).

    

Déjà mal en point, peut-être après avoir heurté une embarcation, le cétacé se débattait près de la plage, respirant avec difficulté. Loin de lui venir en aide, plusieurs baigneurs l'empoignèrent à bras le corps, le sortant de l'eau et prenant la pose pour des photos souvenir. Lorsque des sauveteurs arrivèrent enfin, il était trop tard pour sauver l'infortuné mammifère.

 

Rapidement mises en ligne, les photos du dauphin brutalisé ont déclenché une vague de réactions critiques, les internautes condamnant l'égoïsme des jeunes vacanciers faisant passer leurs distractions et la recherche de photos souvenir avant la vie d'un animal "proche de l'homme par son Q.I.", comme l'écrit l'un d'eux. Une nouvelle fois, la Chine s'interroge sur elle même et la perte des valeurs morales avec le matérialisme ambiant. Fan Feifei le raconte dans le China Daily :

 

link  http://www.chinadaily.com.cn/cndy/2013-06/19/content_16635629.htm

 

photo Luxor 0513 Le jeune touriste chinois (15 ans) n'avait sûrement pas prévu les conséquences de son acte quand, sur un bas-relief millénaire de Luxor (Egypte), il grava le graffiti fatidique : "Ding Jinhao est passé par là".

 

Mal lui en prit : un autre touriste chinois prit en photo le bas-relief maltraité et mit la photo en ligne en exprimant sa honte pour son pays. Il n'en fallut pas plus pour déclencher une tempête sur la toile (270 000 commentaires), un torrent de critiques contre ce jeune homme mal élevé et ses parents qui l'avaient mal éduqué. Le jeune Jinhao et sa famille furent bientôt localisés à Nankin, assiégés par les journalistes et contraints de faire des excuses publiques. De très nombreux commentaires ont dénoncé les jeunes Chinois mal élevés et la responsabilité de leurs parents. L'Administration chinoise du tourisme a pris l'affaire très au sérieux - la réputation de la Chine est en jeu - et vient de publier une charte du "touriste civilisé", pleine de sages conseils. Que l'on se rassure cependant : le bas relief de Luxor a été restauré et le méfait du jeune Jinhao n'y est plus visible.

 

Retrouvez cette grave affaire dans la presse chinoise et étrangère :

 

- CNN : link http://edition.cnn.com/2013/05/27/travel/china-egypt/index.html

- China Daily : link http://www.chinadaily.com.cn/china/2013-05/29/content_16542317.htm

- Global times : link http://www.globaltimes.cn/content/784483.shtml#.UaWgKursXg5

- New York Daily News : link http://www.nydailynews.com/news/world/uproar-china-teen-defaces-ancient-egyptian-temple-article-1.1355940

- le Figaro : link   http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/27/01003-20130527ARTFIG00360-le-web-chinois-s-enflamme-pour-un-graffiti.php

 

"La guerre des yourtes" : l'affaire ne se passe pas en Mongolie, ni même en Mongolie intérieure, mais ... à Bussière-Boffy, en plein Limousin. La "guerre" oppose Alex et Sara, deux "néo-ruraux" qui habitent une yourte authentique importée de Mongolie, au Maire de la commune, qui entend les déloger au nom du code de l'urbanisme. Deux autres yourtes sont aussi impliquées dans cette "guerre", car Alex et Sara ont fait des émules. L'affaire est aujourd'hui jugée en appel et pourrait l'être bientôt en cassation. Frédéric Potet le raconte dans le Monde :
link  http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/20/la-guerre-des-yourtes_3389163_3224.html

(Si vous n'êtes pas abonné au Monde et rencontrez des difficultés pour lire l'article complet, faites une recherche Google sur l'expression "la guerre des yourtes"; cela devrait marcher.)

 

Photos Liangmaqiao 300313 002L'indiscipline des piétons chinois est proverbiale. Ils traversent n'importe où et tiennent fort peu compte des feux de circulation. Un comportement fréquent est la traversée "en troupeau" : quelques uns se lancent alors que le feu est vert et une masse compacte les suit, contraignant les automobilistes - pourtant peu respectueux des droits du piéton - à s'arrêter. Cette indiscipline est source d'aggravation des embouteillages et, bien sûr, d'accidents graves. A Pékin et dans d'autres villes, la police tente parfois de réagir en verbalisant les piétons qui s'affranchissent des règles, mais ces campagnes sont le plus souvent sans lendemain. Certains piétons y réagissent avec colère, faisant valoir que les feux de circulation sont réglés d'une manière qui les désavantage, les forçant à de longues minutes d'attente. Le sujet est souvent décrit comme symptomatique de l'individualislme ambiant. Chang Meng le raconte dans le Global Times :

link  http://www.globaltimes.cn/content/771543.shtml#.UVUKsyvsXg4

 

PS : les piétons français sont-ils beaucoup plus vertueux ?

 

Se marier est devenu fort compliqué en Chine : les anciens réseaux sociaux, grands pourvoyeurs de mariages arrangés, ne fonctionnent plus avec la vie urbaine et les migrations. Les femmes sont plus rares que les hommes dans un pays où il naît 117 garçons pour 100 filles. Internet est devenu le lieu par excellence de la recherche de l'âme soeur. Mais pour les riches (hommes) chinois, qui pensent que l'argent peut acheter le bonheur, des agences spécialisées sont prêtes à déclencher à prix d'or de véritables chasses à travers les universités ou les centres commerciaux pour trouver l'être idéal. Lisez l'étonnant reportage de Brook Larmer dans les New York Times (du moins si vous vous trouvez hors de Chine continentale, où ce site est inaccessible) :

link http://www.nytimes.com/2013/03/10/business/in-a-changing-china-new-matchmaking-markets.html

 

 Photos Liangmaqiao 030213 001Le mélange de brouillard et de pollution qui a accablé Pékin de façon répétée en janvier ne fait pas que des malheureux. Les vendeurs de purificateurs d'air ou de masques anti-pollution font des affaires d'or. D'autres sont plus inventifs et proposent un dome d'air pur pour les activités sportives. La palme revient à un homme d'affaires philanthrope qui propose ... des cannettes d'air pur à son effigie. Barbara Demick dresse l'inventaire dans le Los Angeles Times :

link http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-pollution-20130203,0,1905289.story

 

Photos Fleuve jaune 0612 6 285La photographe néerlandaise Marieke ten Wolde a photographié les changements rapides visibles partout au Tibet et dans les autres zones tibétaines de Chine sous l'effet de la modernité. Ce sera l'objet d'un livre à paraître. Vous pouvez voir une sélection de belles photos sur le blog du New York Times :

link http://lens.blogs.nytimes.com/2012/12/11/capturing-the-accelerating-change-in-tibet/

 

     NB : si vous vous trouvez en Chine continentale, vous risquez de ne pas pouvoir y accéder; mais vous pourrez consulter notre album de l'été dernier où le contraste entre tradition et modernité est aussi bien visible : En-remontant-le-Fleuve-jaune En-remontant-le-Fleuve-jaune

 

A l'occasion d'une exposition à Pékin en septembre, nous vous avions parlé de Huang Qingjun, qui photographie des familles chinoises devant leur maison avec leurs objets quotidiens (voir ci-dessous).

 

Claire Guillot (le Monde) a retrouvé Huang Qingjun fin novembre au festival de Lianzhou, en Chine du sud. Elle l'a suivi jusque dans un village yao reculé, où il a "déménagé" une maison villageoise. Voyez son  reportage sur le blog du Monde :

link http://expo-photo.blog.lemonde.fr/2012/11/27/reportage-quand-huang-qin-jun-samuse-a-vider-et-a-remplir-les-maisons/

 

 

Liangmaqiao 071012 002Les cyclopousses (en anglais : rickshaws, terme emprunté à l'Inde) avaient largement disparu de Pékin, sauf dans quelques quartiers touristiques. Ils reviennent en force depuis deux ans et sont à nouveau utilisés par les citadins, les embouteillages et la pénurie relative de taxis aidant. Mais il faut avoir le coeur bien accroché : ils ont désormais mus par des moteurs électriques et filent à toute vitesse au mépris des règles du code de la route. Et, comme ils sont le plus souvent dépourvus de licence, ils sont en butte aux interventions des chengguan, ces milices municipales réputées pour leurs méthodes musclées. Les rencontres peuvent être brutales, comme le raconte Julie Makinen dans le Los Angeles Times :

link http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-rickshaws-20121007,0,1656927.story

 

La famille impériale de Chine fait très rarement parler d'elle. Par "famille impériale", il faut entendre non pas les "princes rouges", enfants des compagnons de Mao dont quelques uns font beaucoup parler d'eux cette année, mais bien les derniers neveux et nièces survivants de feu Aisin Gioro Puyi (1906 - 1967), qui régna enfant (de décembre 1908 à février 1912) sous le nom de Xuantong. Il fut le dernier empereur de Chine, mort sans descendance. La discrétion se comprend aisément pour les héritiers d'une famille largement impopulaire - mandchoue et non chinoise de souche, largement perçue comme responsable du déclin de la Chine au 19ème siècle - après les épreuves de la guerre civile, de la brève existence du Manchoukuo, de la révolution de 1949 puis de la révolution culturelle. Pourtant, Mao avait protégé discrètement l'ancien Empereur et ses proches pendant ces années tumultueuses. Largement oubliés aujourd'hui, quatre des neveux et nièces se sont néanmoins réunis fin septembre à Pékin à l'occasion de la parution de livres sur leur oncle impérial. Barbara Demick le raconte dans le Los Angeles Times :

link http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-royalty-reunion-20120928,0,914115.story

 

Le photographe Huang Qingjun, 41 ans, a présenté en septembre, dans un restaurant de Pékin, une exposition modeste (une quinzaine de clichés) mais originale : il a photographié des familles chinoises devant leur logis, avec à leurs pieds l'étalage de leurs objets quotidiens. Avec un autre photographe, Ma Hongjie, il parcourt la Chine pour ce projet depuis 2005.

 

C'est un vrai tour de Chine qui commence dans les rues et dans les hutong (parfois en cours de destruction) de Pékin et qui englobe jusqu'aux steppes mongoles, au plateau tibétain et au pont d'un bateau de pêche en Mer de Chine du sud.  L'un des sujets semble assez prospère avec sa cave à cigares et son écran plasma, mais la plupart des clichés montrent une "prospérité modeste" (pour reprendre le slogan officiel), voire un vrai dénuement. Il est vrai, fait observer M. Huang, que les riches sont plus réticents à déballer leurs richesses devant le photographe ... Mais un téléviseur est presque toujours là, tant il est vrai que ce n'est plus un objet de luxe depuis longtemps.

 

Si vous n'avez pas vu cette exposition, voyez une sélection des photos de M. Huang avec les commentaires de Didi Kirsten Tatlow sur le blog du New York Times :

linkhttp://rendezvous.blogs.nytimes.com/2012/09/07/portraits-of-chinas-people-and-their-possessions/?ref=world

et l'article plus ancien (2010) d'Alison Zavos :

link http://www.featureshoot.com/2010/03/huang-qingjun-ma-hongjie-beijing/

 

Les sigles empruntés aux langues étrangères - à l'anglais, le plus souvent - émaillent les conversations chinoises d'aujourd'hui. Dans une phrase chinoise, on entendra couramment parler du GDP (produit intérieur brut), de la WTO (l'Organisation mondiale du commerce) ou de la NBA (National Basketball Association américaine), le tout en anglais dans le texte. Ce n'est pas du goût de tout le monde. Il existe en Chine, comme en France, des règles officielles sur l'usage de la langue et des défenseurs zélés de la pureté de celle-ci, qui plaident pour l'usage de termes chinois ou sinisés. Lorsqu'un dictionnaire chinois connu a inclus 239 sigles anglais dans sa dernière édition, cela a déclenché une petite tempête (in a teacup ?), dont la presse se fait l'écho :

link http://www.globaltimes.cn/content/729683.shtml

link  http://www.chinadaily.com.cn/cndy/2012-08/30/content_15718508.htm

 

A l'instar des Françaises du grand siècle, les Chinoises élégantes d'aujourd'hui souhaitent garder une peau la plus claire possible par crainte d'être prises pour des paysannes hâlées par le grand air. A la plage, elles se protègent donc au maximum du soleil, allant jusqu'à porter des cagoules malgré la canicule de l'été. Dan Levin l'explique dans le New York Times :

link http://www.nytimes.com/2012/08/04/world/asia/in-china-sun-protection-can-include-a-mask.htm

 

Réagissant à cet article, Rong Xiaoqing compare la Chine aux Etats-Unis et conclut que, dans les deux cas, les plus riches fixent les canons de la beauté :

link http://www.globaltimes.cn/content/726099.shtml

 

Voyez aussi le blog du "Monde" avec de belles photos::

link http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/08/20/bouh-le-face-kini-fait-fureur-sur-les-plages-de-chine/

 

Le gouvernement chinois a annoncé début juillet que les potages aux ailerons de requin seraient bannis des banquets officiels d'ici trois ans. Ce plat traditionnel de la gastronomie chinoise est controversé depuis plusieurs années, car les requins sont désormais en voie de disparition et la demande chinoise menace leur survie. Les premières réactions à l'annonce gouvernementale ont donc été favorables. Mais les internautes et les blogueurs ont rapidement mis en cause le délai de trois ans. Restera-t-il encore des requins en 2015 si rien n'est fait avant ? En dehors du souci de protéger une espèce menacée, cette nouvelle controverse a pour toile de fond l'impopularité des fonctionnaires et des cadres, souvent  accusés de se goberger aux frais du contribuable. Voyez :

  • la revue des blogs de Boruo Chen : link http://asiasociety.org/blog/asia/chinas-shark-fin-soup-ban-draws-contrasting-reactions-weibo-twitter
  • l'article de Bettina Wassener (NYT) : link http://www.nytimes.com/2012/07/04/world/asia/china-says-no-more-shark-fin-soup-at-state-banquets.html?_r=1&ref=asia
  • et (si vous y êtes abonné) celui d'Harold Thibaut (le Monde, daté du 10 juillet) : link http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2012/07/09/la-chine-fait-un-petit-geste-pour-les-requins_1731095_3244.html?xtmc=chine_requins

 

La presse chinoise évoque de temps à autre un sujet douloureux : la situation des parents qui ont perdu leur enfant unique à un âge où ils ne peuvent plus avoir un autre enfant comme ils y auraient normalement droit. A leur détresse affective peut s'ajouter une situation matérielle critique : dans un pays où le système de retraites reste insuffisant, les parents comptent traditionnellement sur leur enfant pour subvenir à leurs besoins pendant leur vieux jours. Si l'enfant unique disparaît, la misère menace. Certains couples assiègent les autorités pout obtenir de l'aide, faisant valoir que c'est la politique de l'enfant unique qui est la cause de leur dénuement. Huang Jingjing le raconte dans le Global Times :

link http://www.globaltimes.cn/content/717005.shtml

 

Le sujet n'est pas nouveau mais il défraie à nouveau la chronique cette semaine : dans plusieurs grandes villes, des agences matrimoniales organisent à grand renfort de publicité des concours pour sélectionner des fiancées pour millionnaires célibataires ou (et le plus souvent) divorcés qui peinent à trouver l'âme soeur. A Canton, 2800 candidates se sont présentées, 320 ont été retenues pour briguer la main de dix fiancés potentiels fortunés.  Bien que les promoteurs affirment leur souci de sélectionner les candidates aussi sur leurs valeurs morales, cette pratique est très controversée : atteinte à la dignité des femmes, nouveau signe du culte de l'argent et du déclin des valeurs, conséquence du déséquilibre hommes-femmes à l'âge du mariage ... Voyez les articles de Huang Zhiling dans le China Daily et de Brice Pedroletti dans le Monde :


link http://www.chinadaily.com.cn/china/2012-06/02/content_15454257.htm

link http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/01/qui-veut-epouser-un-millionnaire-chinois_1711307_3232.html

 

D'autres hommes célibataires emploient les grands moyens et utilisent l'affichage publicitaire pour chercher l'âme soeur, ce qui suscite aussi des commentaires critiques:

link http://www.chinadaily.com.cn/china/2012-08/30/content_15718401.htm

 

Mais les femmes pourraient prendre leur revanche : 36 femmes riches ont organisé un événement fin juin au Sichuan et 2000 candidats (masculins) au mariage se sont présentés :

link http://www.globaltimes.cn/content/718265.shtml

 

Le concept de médecin de famille va de soi en France où le public y est très attaché, mais il était jusqu'à maintenant inconnu en Chine : les malades, même pour un rhume, allaient consulter à l'hôpital, dans une clinique ou un dispensaire, où ils étaient reçus par un médecin de garde. Conscientes de l'intérêt des médecins de famille pour la santé publique, les autorités tentent à présent d'introduire cette pratique en Chine. Cela ne va pas sans mal, tant les Chinois y sont peu habitués. A Jinan, un médecin généraliste s'est fait traiter d'escroc lorsqu'il a voulu effectuer des visites à domicile, autre pratique inconnue des patients chinois. L'expérience est rude, comme le racontent Zhao Ruixue et Shan Juan dans le China Daily :

link http://www.chinadaily.com.cn/cndy/2012-05/19/content_15335861.htm

 

La pratique millénaire de la dot n'est pas près de prendre fin dans les campagnes chinoises. La rareté des filles à marier dans les villages tient à deux causes : le manque de filles à la naissance (lui même conséquence des avortements sélectifs) et le départ de nombreuses jeunes filles pour travailler dans les villes. Résultat : les filles à marier sont rares et leurs familles demandent aux futurs gendres des dots croissantes - 3,3 livres en billets de cent yuan, soit plus de 16 000 € récemment dans un village du Shandong. Les familles rurales sont contraintes de s'endetter pour des années et déplorent que les brus soient ainsi "à vendre", comme le raconte Yang Jinghao dans le Global Times :

link http://www.globaltimes.cn/NEWS/tabid/99/ID/706327/-Growing-bride-prices-land-rural-families-with-crippling-debt.aspx

 

Symbolique de la Chine ancienne et de ses archaïsmes, la pratique des pieds bandés pour les filles fut interdite par la République de Chine en 1912 puis à nouveau par la République populaire en 1949. Mais elle ne disparut pas tout de suite dans les campagnes de sorte qu'il demeure des femmes aux pieds bandés en petit nombre dans certaines provinces. Malgré les souffrances endurées dans leur jeunesse, elles ne condamnent pas cette pratique révolue, comme le raconte Kit Gillet dans le Los Angeles Times:

link http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-bound-feet-20120416,0,4220827.story

 

Comment sortir d'une voiture en train de faire des tonneaux ? ou d'une voiture tombée dans une rivière ? Ces questions peuvent surprendre, mais les candidats à l'épreuve théorique du permis de conduire chinois doivent pouvoir y répondre, et répondre à des centaines d'autres du même genre. Cela fait du permis une épreuve redoutable, notamment pour les conducteurs étrangers - même chevronnés - nouvellement arrivés en Chine. Il est vrai que tout arrive sur les routes chinoises et qu'il vaut mieux être prêt à tout, comme l'explique Keith Richburg dans le Washington Post :

link http://www.washingtonpost.com/world/for-chinas-driving-test-be-ready-for-almost-anything/2012/04/01/gIQABBpaqS_story.html

 

Les mariages extravagants avec leurs fêtes somptueuses et leurs convois de Mercédès sont un spectacle courant en Chine. Nombreux aussi sont les jeunes couples qui ne peuvent se marier pour des raisons économiques : avec le coût très élevé des logements, beaucoup de jeunes filles refusent le mariage si l'âme soeur n'est pas en mesure d'acheter un appartement et une voiture. Dans une émission de télé-réalité, une demoiselle s'est rendue célèbre - et a été très critiquée - pour avoir déclaré qu'elle préférerait  "pleurer dans une BMW que rire sur un vélo".

 

Mais, à rebours de cette conception matérialiste, de jeunes mariés décident aujourd'hui de se marier sans cérémonie coûteuse, "sans appartement, sans voiture, sans bague". Ces "mariages nus" restent sans doute minoritaires, mais sont devenus un phénomène de société que Gaël Bernard décrit dans la Croix :

link http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/De-plus-en-plus-de-jeunes-Chinois-optent-pour-un-mariage-sans-faste-_EP_-2012-03-13-777976

 

Un hôtel de trente étage construit en quinze jours ! Même en Chine, cela ne s'était jamais vu et la vidéo du chantier a attiré des millions d'internautes. C'était à Changsha au Hunan. L'immeuble a été construit en éléments préfabriqués, assemblés jour et nuit en un temps record, comme du Meccano. Des tours plus grandes encore sont prévues pour les mois qui viennent. Plus d'un se demandent si la sécurité est bien assurée dans un immeuble construit tambour battant. Il ne faut pas croire, au demeurant, que tous les chantiers chinois avancent à ce rythme, il s'en faut : d'autres sont immobiles pendant des mois, voire des années, sous l'effet de difficultés financières ou de conflits fonciers. Mais la Chine, globalement, se construit à toute vitesse et ce n'est pas près de s'arrêter. Voyez le reportage de Jonathan Kaiman dans le Los Angeles Times :

link http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-instant-building-20120308,0,5608518.story

 


Des articles précédents de notre sélection ont fait état de l'activisme croissant des amis des chiens pour éviter que ces derniers finissent sur les tables des restaurants. Depuis la semaine dernière, ce sont les amis des ours qui font parler d'eux.

 

Dans la province du Fujian, ils se sont en effet mobilisés pour contrarier les plans d'un entreprise qui élève des ours pour se procurer leur bile, ingrédient de la pharmacopée chinoise. Jugeant cette pratique cruelle (il faut inciser les ours pour obtenir la bile), ils tentent d'y mettre fin. Au lieu de mener des actions de commando, comme l'ont fait certains amis des chiens, il sont eu une idée ingénieuse : acheter des actions de cette entreprise à la faveur d'une introduction en bourse, afin de pouvoir peser de l'intérieur sur les actions de celle-ci. Plus classiquement, quelque 70 personnalités culturelles ont demandé aux autorités d'interdire cette introduction, afin de priver l'entreprise des moyens de développer son activité. Des partisans de la médecine traditionnelle chinoise se mobilisent au contraire en faveur de l'entreprise : ils affirment que les ours sont désormais opérés sans douleur et que la bile d'ours est irremplaçable.

 

Le résultat de cette campagne n'est pas encore connu. L'affaire montre en tout cas à nouveau le conflit entre des pratiques traditionnelles et un mouvement croissant de défense des animaux. Voyez les articles de Jin Zhu, Tan Zongyang et Zheng Jinran dans le China Daily et de Zhang Hui dans le Global Times :

 

link http://www.chinadaily.com.cn/bizchina/2012-02/11/content_14582497.htm

 

link  http://www.globaltimes.cn/NEWS/tabid/99/ID/696123/Animal-activists-petition-against-IPO.aspx

 

link http://www.chinadailyapac.com/article/tcm-expert-defends-bile-harvesting

 

La Chine urbaine serait-elle devenue un pays de tribus ?

 

Les lecteurs réguliers de ce blog et de la presse chinoise connaissent déjà la "tribu des fourmis", ces jeunes provinciaux montés à la ville qui vivent dans des villages suburbains. Mais les Chinois parlent aussi de la tribu "qui mord les vieux" (les jeunes qui s'incrustent chez leurs vieux parents), de la tribu "du mariage caché" (les jeunes femmes qui cachent leur mariage par crainte d'être licenciées) et de plusieurs autres. Voyez l'article divertissant paru dans The Economist du 28 janvier - link http://www.economist.com/node/21543590 - parmi une série d'articles de fond fort intéressants. Le prestigieux hebdomadaire vient d'ailleurs de lancer une rubrique permanente sur la Chine, honneur réservé jusqu'ici aux Etats-Unis et au Royaume Uni. C'est un signe des temps.

 

Nous avions déjà relevé le goût prononcé des citadins chinois pour les grandes marques, qu'elles soient de luxe ou de voitures. Dans le cas d'Apple, l'engouement confine à la folie. Les jeunes Chinois consacrent souvent à l'iPhone et à l'iPad plusieurs mois de revenus pour disposer du précieux produit. Steve Jobs, mort l'an dernier, a été pleuré comme un héros. Mais l'arrivée du dernier "smartphone" de la marque, l'iPhone 4S, a donné lieu ces derniers jours à des scènes inédites.

 

Photos Village 210112 002Les vrais magasins Apple étant une poignée (l'essentiel du commerce est le fait de revendeurs non autorisés), ceux-ci ont été littéralement pris d'assaut la veille de l'arrivée du 4S. Des clients ont passé la nuit dehors devant la boutique de Sanlitun, à Pékin, malgré le gel, et devant celle de la marque à Shanghai. Mais il n'étaient pas les seuls : les revendeurs illégaux, espérant gagner une centaine d'euros sur la revente de chaque appareil, avaient recruté des hommes de main pour s'assurer de la primeur de l'arrivage (prix officiel : 4988 RMB soit quelque 615 euros). Ces gros bras en sont venus aux mains entre bandes rivales et avec les vigiles du centre commercial.

 

A 5 heures du matin le 13 janvier, le magasin a dû annoncer que le précieux téléphone était retiré de la vente, provoquant des jets d'oeufs et des échauffourées de protestation. ombre de jeunes Chinois s'indignent que ces appareils, fabriqués en Chine, y soient si chers et si peu accessibles. Voyez les reportages à chaud du China Daily, du Global Times et du Los Angeles Times; et les réflexions de Xin Haiguang, qui constate que le téléphone d'Apple est devenu en Chine l'idole d'un nouveau culte. 

 

Une semaine plus tard, il est vrai, le vent tourne un peu et certains des heureux élus estiment que la petite merveille ne rend pas un service vraiment meilleur que l'iPhone 4. Sic transit ...

 

link http://www.chinadaily.com.cn/bizchina/2012-01/14/content_14445410.htm

link http://www.globaltimes.cn/NEWS/tabid/99/ID/691461/iPhone-scalpers-start-fight-at-Sanlitun-Village.aspx

link  http://www.latimes.com/business/la-fi-0114-apple-china-20120114%2c0%2c1891195.story

link http://www.globaltimes.cn/NEWS/tabid/99/ID/692324/Apple-cultists-bow-before-their-shiny-metal-god.aspx 

link http://www.chinadaily.com.cn/bizchina/2012-01/20/content_14480213.htm


 

Pour en savoir plus sur la grande muraille, son histoire, les hommes qui y consacrent leur énergie et les conditions difficiles dans lesquelles les travaux de restauration sont effectués aujourd'hui encore, voyez le dossier publié en janvier 2012 dans l'édition dominicale du China Daily :

 

link ( http://www.chinadaily.com.cn/china/weekendextra/2012-01/08/content_14400683.htm )

link (http://www.chinadaily.com.cn/china/weekendextra/2012-01/08/content_14400667.htm )

link (http://www.chinadaily.com.cn/china/weekendextra/2012-01/08/content_14400724.htm )

 

 

Photos Pékin Noël 2010 suite 1 093 Noël est de plus en plus fêté en Chine – les embouteillages des 23 et 24 décembre à Pékin, pires que de coutume, en font foi - mais fait encore débat. Ce « prélude exotique à la saison des fêtes » (sic) qui culminera dans un mois avec le Nouvel an chinois est souvent décrit comme exagérément commercial, une simple occasion de réjouissances sur fond de confusions fréquentes (entre Jésus et Saint Nicolas voire … le Président Mao, né le 26 décembre). Plus sérieusement, Noël, comme d’ailleurs la Saint Valentin, a parfois été dénoncé comme une agression contre la culture chinoise. Mais Noël fait peu à peu son chemin et finira peut-être par être adopté comme une vraie fête chinoise. Raymond Zhou le décrit dans le China Daily et Yuan Hui invite ses compatriotes à la tolérance dans les colonnes du Global Times.

 

link (http://www.chinadaily.com.cn/cndy/2011-12/23/content_14311016.htm )

link (  http://www.globaltimes.cn/NEWS/tabid/99/ID/689604/Chinese-Scrooges-neednt-worry-about-indigenous-festivals.aspx )

 

Les jeunes Chinois urbains prisent les produits de luxe mais ne peuvent pas toujours se les offrir, loin de là. Faute de pouvoir acheter le contenu, nombre d'entre eux se rabattent sur le contenant et arpentent la ville en portant des emballages de produits de luxe pour impressionner leurs connaissances ou les simples passants, comme s'ils venaient de faire leurs courses dans une enseigne de luxe. Du coup, deux activités commerciales lucratives sont apparues : la revente de vrais emballages de marques de luxe (les prix peuvent atteindre 20 euros) et la fabrication de copies de ces emballages. Etonnant mais authentique. Voyez le reportage de Yu Xi dans le Global Times :

 

link ( http://www.globaltimes.cn/NEWS/tabid/99/ID/684822/Brand-new-bag.aspx )

 

Conduire un taxi chinois n'est pas une sinécure. Les horaires sont interminables, les embouteillages sans fin (or le compteur ne tourne pas quand le taxi est arrêté), les charges de location et d'essence réduisent le revenu à la portion congrue et les amendes pleuvent si le taxi n'est pas d'un propreté parfaite dans des villes où la poussière règne en maître. Les conducteurs - souvent des paysans montés à la ville en espérant une vie meilleure - déchantent et protestent. Voyez le reportage collectif paru dans l'édition dominicale du China Daily :

 

link (http://www.chinadaily.com.cn/sunday/2011-10/23/content_13956657.htm )

 

Bien que la Chine collectionne les médailles olympiques et que la gymnastique matinale soit ici un spectacle quotidien, la pratique du sport reste inégale, notamment chez les classes moyennes que l'obésité menace. Mais on y vient : gymnases et salles de sport se développent, Decathlon fait de bonnes affaires et les VTT haut de gamme ne sont plus rares le dimanche autour de Pékin.  Tom Sims le raconte dans le New York Times :

 

link (http://www.nytimes.com/2011/10/13/world/asia/chinas-next-revolution-is-in-fitness.html )

 

Photos Pékin janvier février 2011 001

 

Nous sommes tellement habitués au portrait de Mao qui orne Tiananmen depuis plus de trente ans que nous pensons qu'il a toujours été là. Erreur : il s'agit de la huitième version du portrait du Grand Timonier depuis 1949 et les versions précédentes ont entraîné leur lot de débats et de controverses. Liu Yujie le raconte dans le China Daily :

 

link  ( http://www.chinadaily.com.cn/china/2011-10/04/content_13836277.htm )

 

On a beaucoup écrit sur - et contre - la politique de l'enfant unique en partant de l'idée reçue que les Chinois, si cette politique n'existait pas, souhaiteraient mettre au monde davantage d'enfants. C'est cependant de moins en moins vrai, au moins dans les grandes villes. Au moment où cette politique est peu à peu assouplie, nombre de ménages urbains ne souhaitent pas avoir plus d'un enfant, voire ne souhaitent plus d'enfant du tout. Et nombre de jeunes, notamment de jeunes femmes, diffèrent le mariage, voire choisissent le célibat malgré une forte pression familiale. Les causes en sont complexes : désir de liberté, coût très élevé du logement (cause majeure visiblement), absence de protection des locataires, coût élevé aussi de l'éducation. Le phénomène préoccupe les démographes et les officiels inquiets du vieillissement rapide de la société chinoise. David Pierson l’analyse dans le Los Angeles Times :

 

link  ( http://www.latimes.com/business/la-fi-china-no-child-20110903,0,6307483.story )

 

 

Un milliard de tintinophiles  ? Certes non. Mais Tintin (Dingding de son nom chinois) et Milou (nom chinois Baixue, "neige blanche", dérivé du nom anglais Snowy) sont connus et appréciés en Chine. Deux des albums - le lotus bleu et, bien sûr, Tintin au Tibet  - s'y passent en grande partie. Le fait qu'Hergé, dans le lotus bleu, épouse la cause chinoise contre le Japon a bien sûr aidé à asseoir la popularité de son héros, skronyonyo ! Même si la publication des aventures de Tintin en Chine n'a pas toujours été un long fleuve tranquille (versions piratées, controverse avec la parution en 2001 d'une édition baptisée  Tintin au Tibet chinois, retirée de la vente depuis), les lecteurs et admirateurs de Tintin sont nombreux en Chine. Ici comme ailleurs, le culte de Tintin a des retombées commerciales avec un bar lotus bleu à Pékin, des t-shirts et autres souvenirs et bientôt un film. Renée Haines le raconte dans l'édition dominicale du China Daily :

http://www.chinadaily.com.cn/usa/life/2011-08/28/content_13209552.htm

 

Les Chinois sont de plus en plus conscients de leurs droits et n'hésitent pas à les faire valoir en justice, par exemple en cas de décès d'un proche à l'hôpital. Mais il semble que d'aucuns aillent plus loin et que des nervis proposent leurs services pour organiser des troubles ... et toucher un pourcentage des dédommagements versés par l'hôpital. Dans un cas récent, à Nanchang, le personnel de l'hôpital a réagi en se mobilisant et une bataille rangée s'en est suivie. Lisez le reportage de Barbara Demick dans le  Los Angeles Times :

 

http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-hospital-20110825,0,3651747.story

 

Un séisme juridique s'est produit en Chine il y a quelques jours, avec une nouvelle interprétation de la loi sur le mariage par la Cour populaire suprême.

Jusqu'ici, les biens du couple étaient partagés par moitié en cas de divorce sauf en cas de faute caractérisée de l'un des époux. Désormais, l'époux dont les parents ont acheté le logement pour le jeune couple en conservera la propriété entière.

L'enjeu est considérable. Avec l'envolée des prix de l'immobilier, peu de jeunes ménages sont en mesure d'acheter un appartement, même petit, alors que les jeunes femmes attendent de leur futur mari qu'il soit propriétaire de son logement. Les beaux parents qui apportaient les fonds nécessaires à l'achat d'un appartement s'inquiétaient de voir leur future belle-fille conserver la moitié du bien en cas de divorce. Il y est désormais remédié. Mais cette nouvelle interprétation, qui s'impose aux tribunaux, ne crée-t-elle pas une situation défavorable pour les femmes, alors que l'infidélité du mari est souvent la cause du divorce ? Certaines exigent désormais, avant se marier, d'être enregistrées comme propriétaires de la moitié du logement commun. Les avocats sont assiégés de demandes et le débat est animé dans la presse. Voir par exemple "le champ de bataille du divorce" et "les réalités peu romantiques du mariage" : 


http://www.chinadaily.com.cn/2011-08/18/content_13137739.htm  et

 

http://www.globaltimes.cn/NEWS/tabid/99/articleType/ArticleView/articleId/671435/Marriage-law-deals-in-unromantic-realities.aspx

 

D'aucuns, à l'instar du Pr Li Hongxiang, estiment pourtant que l'institution du mariage sera assainie si elle n'est plus polluée par des calculs d'intérêt : http://www.globaltimes.cn/NEWS/tabid/99/articleType/ArticleView/articleId/671449/New-marriage-rules-promote-individual-freedom.aspx

 

  Avec un petit temps de retard, Brice Pedroletti a traité à son tour le sujet ("divorce à la chinoise") dans le Monde daté du 27 août : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/26/divorce-a-la-chinoise_1563913_3232.html

 

Voyez enfin l'intéressant artice d'Alice Ekman sur l'évolution du mariage en Chine :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/05/en-chine-le-mariage-arrange-disparait-progressivement_1567854_3232.html

 

-Parmi les conséquences sociales de l'enrichissement de la Chine, la moindre n'est pas le développement du phénomène des concubines, que la Révolution avait entendu abolir. Les hommes riches et influents les collectionnent parfois littéralement, tel ce ministre en disgrâce qui en avait dix-huit. Les épouses légitimes tentent de réagir, parfois en utilisant Internet et les blogs pour dénoncer l'époux volage. Les juristes s'interrogent : faut-il que le droit s'adapte à cette nouvelle réalité ? Dan Levin explique ce nouveau "marché des maîtresses" dans le New York Times : http://www.nytimes.com/2011/08/10/world/asia/10mistress.html

 

-avec la disparition des vieux quartiers de Pékin et de leurs maisons dépouvues de confort, une autre tradition disparaît : les établissements de bain où, comme au Japon, les citadins allaient se laver mais aussi passer du temps et socialiser. Les personnes âgées, clients privilégiés de ces établissements qui leur permettaient de rompre leur solitude, sont les premières touchées. Benjamin Haas le raconte dans le Los Angeles Tlmes :

http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-bathhouse-20110717,0,5205067.story

 

 

- alors que les Chinois sont de plus en plus nombreux à posséder des chiens et à leur consacrer de petites fortunes, est-il encore convenable de servir ceux-ci au restaurant ? Ce débat récurrent a été relancé il y a quelques jours lorsqu'un ami des bêtes a lancé une opéraiton de commando pour sauver des centaines de chiens en route vers l'abattoir. A-t-il eu raison ? Faut-il interdire la consommation de viande canine ? Zhang Hui présente ce débat, symbolique de temps qui changent,  dans le Global Times: 

http://special.globaltimes.cn/2011-04/648978.html

 

 

- alarmée par l'indiscipline des conducteurs et la mortalité élevée qui en résulte, la police emploie les grands moyens : les nouveaux candidats au permis de conduire doivent assister à la projection d'horribles images d'accidentéss de la route; pourtant, la route chinoise demeure périlleuse avec un mépris général du code et des droits du piéton, lesquels piétons participent d'ailleurs à l'indiscipline commune. David Pierson le décrit dans le Los Angeles Times : http://www.latimes.com/business/la-fi-china-crash-20110421,0,4473565.story

 

 

 

- le 5 avril est la fête des morts (Qingming). Les Chinois se rendent en masse sur les tombes de leurs proches et la presse, depuis plusieurs jours, traite largement de sujets funéraires. On découvre les discriminations persistantes do

nt sont victimes les employés des pompes funèbres (un rapport officiel vient de paraître sur le sujet), les angoisses des embaumeurs qui doivent préparer les dépouilles des hautes personnalités (voir http://news.xinhuanet.com/english2010/china/2011-04/04/c_13812478.htm). Mais c'est surtout le coût élevé des funérailles qui retient l'attention. C'est devenu un marché très lucratif avec des facturations abusives qui déclenchent l'ire des journalistes et des internautes. Et puis il y a le coût des concessions dans les cimetières, qui atteint des sommets : un demi mètre carré, nécessaire pour conserver une urne, peut coûter plus de 10 000 € et les citadins se plaignent que les prix dans les cimetières dépassent, au mètre carré, le coût des logements. Les autorités ont dû préciser en urgence que ces concessions étaient bien accordées pour 50 à 70 ans et non pour 20 ans seulement comme une annonce précédente le donnait à penser. Mais ces coûts élevés sont devenus un vrai problème de société. LI Woke le raconte dans le China Daily : http://www.chinadaily.com.cn/china/2011-04/05/content_12274000.htm 

L'apparition de tombes ostentatoires irrite les simples citoyens, qui y voient une nouvelle manifestation de la fracture sociale. Du coup, les autorités ont dû prendre des mesures pour limiter le phénomène et ramener les sépultures à la raison. Sharon LaFraniere le décrit dans le New York Times :

http://www.nytimes.com/2011/04/23/world/asia/23tombs.html?_r=1&emc=eta1

 

 

- le nouvel an chinois n'est pas seulement une fête : c'est la plus grande migration saisonnière du monde. Des centaines de millions de mingong - ces migrants de l'intérieur - prennent enfin le chemin de leur village après avoir travaillé durement dans les grandes villes. Ils retrouvent leur famille et peuvent prendre un repos bien mérité - et souvent bien arrosé. mais ces retrouvailles annuelles ne sont pas toujours simples, car la séparation ... sépare. Megan K. Stack et Barbara Demick le racontent pour le Los Angeles Times :

http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-new-year-20110220,0,2569771.story

 

- interdits par la Chine maoïste, puis à nouveau tolérés à condition qu'ils soient de petite taille mais fortement taxés, les chiens - et leurs maîtres - ont repris possession des villes chinoises et rien n'est rop beau ni trop luxueux pour eux. Les mastifs tibétains les plus prisés s'achètent à prix d'or et se déplacent en limousine avec chauffeur. Récit de Michael Wines dans le New York Times :

 : http://www.nytimes.com/2010/10/25/world/asia/25dogs.html?_r=1&emc=eta1

Plusieurs villes, 30 ans après la politique de l'enfant unique, sont en passe d'adopter une politique du chien unique afin d'endiguer le phénomène:

http://www.chinadaily.com.cn/china/2010-11/11/content_11531216.htm

 

 

- la rivalité entre Shanghaiens et Pékinois est notoire; elle est politique, linguistique (le shanghaien est un dialecte incompréhensible pour les non locaux), culturelle; les Shanghaiens reprochent aux Pékinois de les régenter sur le mode bureaucratique en étant "peu civilisés", les Pékinois jugent les Shanghaiens superficiels et matérialistes; les moqueries abondent dans les deux sens; Barbara Demick le relate dans le Los Angeles Times : http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-rivals-20101004,0,1537317.story

 

 

- il n'est pas rare de trouver, près de Pékin ou de Shanghai, des villas de luxe dans des lotissements murés, comme en Floride ou aux Philippines : les riches se protègent derrière des murs; mais un autre phénomène est apparu à Daxing, dans la balnlieue de Pékin il y a quelques années : les quartiers pauvres enclos de murs et gardés, où habitent des travailleurs migrants venus de province; le district de Changping envisage de murer 44 villages de migrants; les autorités font valoir que cette surveillance réduit la criminalité élevée, mais tous les résidents n'apprécient pas un enfermement qui renforce leur impression d'être traités en citoyens de seconde zone; Helen Gao le raconte dans le New York Times :

http://www.nytimes.com/2010/10/04/world/asia/04beijing.html?ref=asia

 

- les jours fériés sont une chose très sérieuse en Chine, et de plus en plus avec le développement considérable du tourisme et des voyages; pour que la population en profite pleinement, les autorités ont pris l'habitude de donner jusqu'à sept jours de congés pour les fêtes les plus importantes (nouvel an chinois, fête natonale) mais avec un rattrapage de quatre jours au détriment des week-ends précédents et suivants, ce qui conduit à travailler certains samedis et dimanches; beaucoup se satisfont de cet arrangement, mais d'autres le trouvent trop complexe ou regrettent la disparition de la semaine de congés aguère octroyé pour le 1er mai; Andrew Jacobs le raconte dans le New YorkTimes :

http://www.nytimes.com/2010/10/02/world/asia/02china.html?ref=asia

 

 

- toujours désireux de faire de leurs villes des métropoles internationales, les édiles de Pékin et de Shanghai pourchassent toutes les traditions qu'ils jugent indignes de leurs cités : les tenues débraillées, les inscriptions en mauvais anglais (voir ci-dessous) mais aussi ... le linge qui sèche; particulièrement le linge qui sèche à la chinoise, sur de longues perches au balcon des immeubles, formant des sortes de drapeaux; ce spectacle, commun à tout le monde chinois a la vie dure, car les Chinois croient au séchage au grand air et boudent les sèche-linge électriques; Keith Richburg l'explique dans le Washington Post :

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/09/03/AR2010090302689.html?sid=ST2010090305799

 

 

- L'embouteillage du siècle, ou peu s'en faut. Vers le 15 août, un bouchon de 100 km s'est formé sur l'autoroute qui relie Pékin à la Mongolie intérieure et, au delà, au Tibet. Des milliers de camions bloqués pendant près de dix jours. leurs conducteurs contraints à l'oisiveté et proies de villageois cupides qui leur vendaient des nouilles et de l'eau minérale à des prix exorbitants. La presse chinoise et étrangère s'est penchée sur les causes de ce bouchon sans précédent : une demande massive de charbon, dont la Mongolie intérieure, "émirat charbonnier", est un des plus grands producteurs du pays (voir les articles Ordos  et Impressions du nord-est chinois ), des travaux routiers et, bien sûr, l'augmentation folle du nombre de véhicules. L'embouteillage s'est résorbé aussi vite - et mystérieusement - qu'il était apparu, mais il s'est reformé  quelques jours plus tard, faisant craindre qu'il devienne structurel.   Wang Qian, Cheng Yingqi, He Dan et Michael Wines le racontent dans le China Daily

 http://www.chinadaily.com.cn/china/2010-08/28/content_11218099.htm - http://www.chinadaily.com.cn/china/2010-09/04/content_11256215.htm 

et dans le New York Times :  http://www.nytimes.com/2010/08/28/world/asia/28china.html?_r=2&ref=world.

 

Le manque de filles en Chine, conséquence des avortements sélectifs de fœtus féminins, affecte aujourd’hui la classe en âge de se marier avec une conséquence évidente : la difficulté croissante pour les jeunes hommes, notamment dans les campagnes, pour trouver une épouse. Les jeunes femmes, de leur côté, courent un risque accru d’enlèvement ou de vente tant la demande est forte. He Na le raconte dans le China Daily : http://www.chinadaily.com.cn/china/2010-08/23/content_11186841.htm

 

 

- Les autorités municipales de Pékin, comme celles de Shanghai,  ont décidément bien des soucis pour faire de leur ville une métropole de niveau international. On connaissait déjà l’interdiction du port du pyjama dans les rues et le combat pour bannir les traductions maladroites en anglais (voir ci-dessous). Avec les fortes chaleurs  estivales, la municipalité de Pékin a pris pour cible une nouvelle pratique largement répandue : les hommes remontent leur chemise ou leur t-shirt pour avoir moins chaud, exposant aux regards un abdomen plus ou moins proéminent. Elles auront fort à faire tant la pratique est répandue.  John Gliona compatit dans le Los Angeles Times :

 http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-bellies-20100821,0,4939438.story

 

 

- Les divorces, très rares pendant les décennies précédentes, sont en croissance rapide en Chine : un tiers des mariages récents se terminent désormais par un divorce. Les observateurs mettent souvent en cause la génération de l’enfant unique, désormais en âge de divorcer : gâtés à l’excès par leurs parents, les jeunes mariés ont des attentes excessives et ne sont plus prêts à faire des concessions. Parmi les motifs de divorce, l’ « interférence  des beaux parents » et un « temps excessif passé (par le mari) aux jeux vidéo ». Cui Jia le décrit dans le China Daily : http://www.chinadaily.com.cn/china/2010-08/20/content_11181149.htm

 

 

 

- Après avoir proscrit (avec plus ou moins de succès) les sacs en plastique les plus légers, désastreux pour l'environnement, les autorités s'attaquent à forte partie avec les baguettes jetables dans les petits restaurants. Omniprésentes, ces baguettes de bois induisent une déforestation non négligeable que les autorités souhaitent enrayer. Mais elles s'attaquent à forte partie et les industriels concernés multiplient les arguments écologiques (ils affirment utliser des essences qui ont peu d'autres usages, telles le bouleau et le peuplier), économiques et d'hygiène pour défendre leur produit. La baguette jetable ne sera pas simple à bannir, comme l'explique le Pr Gardner dans le Los Angeles Times : http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-0815-gardner-chopsticks-20100815,0,2729426.story

 

 

- les Chinois, c'est bien connu, sont profondément attachés à leur écriture millénaire. Ils jugent les caractères chinois (hanzi) inséparables de leur identité. La Chine populaire a certes - non sans débats récurrents - simplifié les caractères, mais il n'est pas question d'y renoncer au profit de la transcription en lettres latines (pinyin) comme l'a fait le Vietnam avec la romanisation d'Alexandre de Rhodes. Mais voilà : à force de moins écrire sur papier, en raison de l'usage des ordinateurs et plus encore des SMS sur leurs téléphones portables, les jeunes Chinois commencent à perdre la mémoire des caractères. Presque un drame national, en tous cas un sujet d'inquiétude que Barbara Demick décrit dans le Los Angeles Times : http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-characters-20100712,0,6032882.story

 

 

- les jeunes ménages européens ont du mal à se loger car les appartements sont chers; ils ne sont pas les seuls : sans être tout à fait aussi cher qu'à Paris ou à Londres, le mètre carré à Pékin ou à Shanghai est hors de portée de beaucoup de jeunes Chinois des classes moyenness (sans même parler des "fourmis", ces jeunes migrants pauvres attirés par la ville, voir plus loin); du coup, acheter un logement devient la condition du mariage et les jeunes filles n'hésitent pas à éconduire l'amoureux incapable de leur procurer un toit; un sujet douloureux que décrit David Pierson pour le Los Angeles Times : http://www.latimes.com/business/realestate/la-fi-china-bachelor-20100621,0,6167359.story

 

 - le sujet est bien connu de tous les étrangers qui vivent en Chine : les traductions anglaises du chinois dans les lieux publics, souvent  gauches, parfois comiques ou tout simplement incompréhensibles. La presse chinoise et internationale raille souvent ce "chinglish"  et les autorités essaient depuis deux ans (JO de Pékin puis exposition de Shanghai), d'en venir à bout en faisant rectifier ces traductions boîteuses. Mais voilà : comme toutes les espèces menacées, le Chinglish trouve aussi ses défenseurs, chinois ou étrangers, qui y voient un phénomène de langue ou de société à préserver.     Andrew Jacobs le raconte dans le New York Times http://www.nytimes.com/2010/05/03/world/asia/03chinglish.html , photos à l'appui : http://www.nytimes.com/slideshow/2010/05/03/world/asia/20100503_CHINGLISH.html?ref=asia

 

Mais que l'on se rassure : le Chinglish a encore de beaux jours devant lui, comme nous avons pu le constater au temple taoiste de Miaofengshan, près de Pékin  ("No Crowd Pray Politely")Photos-Pekin-printemps-2010--Miaofangshan--011.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et sur celle-ci, vous donnez votre langue au chat ?

 

Photos-Mandchourie-ete-2010-187.jpg

 

La réponse est : "MT.WUNU HUAREN LIAONING" (un site archéologique connu).

 

  Le graphiste a écrit les caractères chinois de droite à gauche dans chaque mot (mais les mots de gauche à droite). Du coup, il a fait de même en anglais ...

   

On les appelle "la tribu des fourmis" : des salariés ayant perdu leur emploi ou étudiants de province venus à Pékin. Contrairement à d'autres qui vivent dans des conditions de relatif confort grâce à l'aide de leurs familles, ceux-là, désargentés, ont dû élire domicile dans un lointain faubourg (Tangjialing) où ils louent des chambres sordides pour l'équivalent de 50 ou 60 € par mois. Ils endurent un hiver rigoureux (- 10 à - 15 ° C la nuit jusqu'à ces derniers jours) avec pas ou peu de chauffage et ne peuvent que rêver devant la richesse qui s'étale devant eux. Pas question de penser à se marier, bien sûr, lorsque même les salariés des classes moyennes sont confrontés à des prix de l'immobilier qui dépassent leurs moyens. Mais ils s'accrochent dans l'espoir d'une vie meilleure. Le China Daily http://www.chinadaily.com.cn/life/2009-12/08/content_9137366.htm , l'agence Chine nouvelle http://news.xinhuanet.com/english/2010-01/16/content_12819010.htm, ,le Global Times http://special.globaltimes.cn/2010-01/499907.html  et plus récemment -décembre 2010 - le New York Times http://www.nytimes.com/2010/12/12/world/asia/12beijing.html?_r=1&emc=eta1 décrivent leur vie difficile et leur courage pour y faire face. Intrigué par cette  abondantge couvertur, j'ai fini par m'y rendre et y suis retourné plusieurs fois : voir les articles  chez les fourmis

Les fourmis migrent au nord

et Retour aux villages des fourmis .

 

NB : liens de plus d'un an vérifiés le 19 mai 2012