Journal Pékin Paris (2013-2014) : 2 - au Népal

Suite de : Journal Pékin Paris (2013-2014) : 1bis - en Chine (suite)

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 Vue prise de Dulikhel (32km à l'est de Katmandou)

38ème jour, 12 octobre Zhangmu Katmandou, 143 km : Nous franchissons une ligne au milieu du pont frontalier, deux agents de la police armée chinoise en faction. Ca y est, nous sommes au Népal.

Les formalités d’immigration sont expédiées dans une gentille pagaille mais sans retard ni difficulté. Pas un douanier en vue qui aurait pu s’intéresser à nos gros bagages. Nous trouvons tout de suite une voiture et prenons la route à 8 h 15, heure népalaise (2 h 15 de retard sur l’heure de Pékin mais à peu près identique à l’heure officieuse des Tibétains).

Si tout s’était passé selon nos souhaits, nous retrouverions à cette frontière, ou à défaut à Katmandou, notre voiture française expédiée de Paris. Ceci n’a malheureusement pas été possible, car le Népal n’autorise les touristes étrangers à importer leur propre voiture que s’ils conduisent eux-même celle-ci au passage de la frontière. Quant à poursuivre notre périple avec une voiture chinoise, il n’y fallait pas songer non plus (voir l’article une si longue genèse). Nous sommes donc condamnés aux voitures de location avec chauffeur pour plus de 2000 km encore, dans le meilleur des cas. C’est donc dans une voiture locale que nous entassons nos bagages et prenons la route de Katmandou.

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Nous continuons à descendre la vallée, qui est très belle et encaissée. Végétation quasi-tropicale, cascades. La rivière en contrebas est un torrent impétueux, où des touristes aventureux s’adonnent au rafting et au bungee jumping. Vers 1500 m d’altitude, nous voyons successivement apparaître les rizières en terrasse, les bananiers et les bougainvilliers.  Bananiers, bougainvilliers ! Hier après-midi, nous étions à 5000 m sur le plateau désolé du Tibet …

Dans cette première partie de la route, la chaussée est souvent très défoncée, par endroits emportée par les glissements de terrain. Nous devons aussi nous habituer à la conduite à gauche (en théorie) ou au milieu (bien souvent) de la route, à une conduite chaotique à l’opposé de la peur du gendarme qui régnait au Tibet. Les villages sont colorés mais pagailleux, comme en Inde. Le choc culturel est maximal. Rarement au cours de nos voyages nous aurons connu une transition climatique, géographique et humaine aussi rapide et brutale que depuis hier après-midi.

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Après une cinquantaine de kilomètres, la vallée s’élargit et devient moins spectaculaire, mais reste belle avec ses rizières. Un peu plus tard, une chaîne de sommets enneigés apparaît au nord. Après être descendus au dessous de 1000 m, nous remontons vers 1550 m et déjeunons agréablement près de Dulikhel, avec une belle vue sur les montagnes (voir photo en couverture de ce journal).

Nous entrons dans Katmandou (85° 19’E, 27° 42’N, alt 1330 m) en début d’après-midi, avec l’impression caractéristique d’entrer dans une ville du tiers-monde, pittoresque mais désorganisée. Notre hôtel est situé à Thamel, le quartier favori des étrangers qui grouille en effet de touristes européens, autre contraste fort avec la Chine.  Nous gagnons notre hôtel par un labyrinthe de ruelles commerçantes où nous sommes heureux de ne pas devoir conduire et nous orienter nous-mêmes.

38ème au 40ème jour, 12 au 14 octobre : Katmandou : deux jours et demi  à Katmandou, ville charmante bien qu’inclassable pour le touriste, compliquée  pour les aspects pratiques.

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Qu’en retenir ? Certains de nos lecteurs connaissent la ville. Pour les autres, disons que la couleur locale est au rendez-vous, c’est le moins que l’on puisse dire. Construite dans une aimable anarchie, Katmandou se présente comme un labyrinthe de ruelles étroites encombrées (au moins dans le centre) où piétons, motos et autos tentent de se frayer un passage à coups de klaxon. Les maisons sont de tous les styles, newari (traditionnelles en bois), coloniales (quelques bâtiments) et une majorité d’immeubles anciens décrépits. Ville que la modernité a oubliée, Katmandou nous a rappelé le Rangoun des années 80.

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La voirie est dans un état déplorable. Avec la pluie qui tombe sans interruption depuis deux jours, rues et trottoirs (lorsqu’il y en a) se transforment en lacs boueux. Beaucoup de commerces sont fermés car nous sommes arrivés en plein festival religieux du Dasain, le plus important de l’année, mais ceux qui restent ouverts donnent une idée de l’activité bourdonnante qui doit prévaloir le reste du temps. Chaotique est sans doute le mot qui décrit le mieux la ville. « Charmant capharnaüm » comme le disait justement notre fils  Clément qui nous a précédés.

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La religion ou plutôt les religions (hindouisme et bouddhisme) sont partout. La ville fourmille de grands et de petits sanctuaires où les citadins viennent déposer leurs offrandes. Certains de ces temples sont majestueux, à l’image du Kasthamandap, le grand temple en bois de Durbar Square, qui a donné son nom à la ville. Il était ouvert ces jours-ci à l’occasion du festival précité et les citadins faisant la queue par milliers, sous la pluie (mais dans un ordre très britannique, surprenant dans une ville si désordonnée) pour y faire leurs dévotions. D’autres sanctuaires, parfois très anciens, sont minuscules mais les offrandes y sont renouvelées en permanence. Des milliers de pigeons occupent les toits des temples.

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Comme si ces milliers de sanctuaires ne suffisaient pas, on trouve des offrandes un peu partout, y compris sur les voitures, pour porter chance (il est vrai que la circulation est à faire frémir).

Les étrangers sont très nombreux, surtout à cette période de l’année qui est (ou aurait dû être) la belle saison. Les hippies vieillissants, survivants des années 60 se font rares, encore que Katmandou attire encore des marginaux dépourvus de tout, mais les trekkeurs européens, américains ou israéliens viennent par milliers et font vivre toute une industrie. Le quartier de Thamel, où se concentrent les hôtels et les agences de trek, est une petite ville dans la ville pour les étrangers, qui rappelle les classiques du genre, à Bangkok, Kuta (Bali) ou ailleurs. Nous avons eu le bonheur de retrouver de la famille, arrivée en même temps que nous pour profiter des montagnes.

L’étranger de passage peut donc mener une vie fort agréable, la gentillesse des Népalais aidant, à condition de ne rien avoir de pratique à faire. Dans le cas contraire, les choses deviennent franchement compliquées : l’électricité est capricieuse, l’eau chaude rare, les connexions Internet totalement erratiques et le système de soins médicaux est … instructif. Une petite alerte le premier soir nous a conduits aux urgences. Trois hôpitaux publics, rejoints par des taxis bringuebalants, ont refusé de s’occuper de nous mais nous ont donné un spectacle évocateur d’humanité souffrante. Nous avons fini par rejoindre une clinique privée de haut de gamme. Là, les lieux étaient propres (enfin, plus propres que précédemment), le personnel parlait anglais, ce qui est toujours rassurant, et un chirurgien a bien voulu se déplacer malgré l’heure tardive pour examiner notre cas en quelques minutes. Les honoraires furent dignes d’une clinique chic en Europe. S’y ajoutèrent 34 roupies (25 centimes d’euros) pour les gants de caoutchouc du chirurgien ! Tout ceci dans la plus grande gentillesse, comme il se doit. Nous nous sommes couchés tard ce soir-là mais après en avoir beaucoup appris sur ce que peut être une médecine à deux vitesses.

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Méditation

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41ème jour, 15 octobre, Katmandou Syabrubesi, 145 km : Nous partons vers le nord sous la pluie fine et dans le brouillard. Paysage de vallées extrêmement luxuriant avec de très belles rizières en terrasses, on pourrait se croire dans les montagnes de Java. On aperçoit un groupe de singes. La route est très défoncée sur les premiers 40-50 km, bien meilleure ensuite (elle a été faite ou refaite par les Chinois, nous dit-on) mais elle reste étroite et  très sinueuse. Déjeuner médiocre au village de Khalikhastan (alt. 1800 m). La dernière portion de route est la plus spectaculaire à flanc de montagne : la route s’élève jusqu’à 2 300 m avant de redescendre. Les ravages de l’érosion, sans doute aggravée par la déforestation, sont visibles : à plusieurs endroits, des glissements de terrain ont emporté des pans entiers de montagne. La route a été emportée avec et sommairement refaite dans les coulées de boues et de pierres. Ceci nous vaut quelques passages difficiles et dangereux entre Grang et Dulche.  Quelques sangsues se mettent de la partie pour ajouter à l’ambiance, provoquant l’émoi de touristes non habituées.

Syabrubesi (85° 20’E, 28° 10’ N alt. 1460 m) est un  village mi-népalais mi-tibétain sans grand charme en fond de vallée, avec de nombreuses mais médiocres auberges pour les randonneurs. Vers le nord, une route empierrée et une large rivière mènent au Tibet, à 12 km à vol d’oiseau. Vers l’est se détache la vallée de Langtang que nous remonterons les prochains jours.

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42ème au 46ème jour, 16 au 20 octobre, trek dans le parc national de Langtang : nous consacrons cinq jours à une belle marche dans la vallée de Langtang, avec un guide et un porteur tous deux très gentils et dévoués. Le trek était prévu pour six jours, mais nous décidons de l’abréger en fusionnant les deux dernières étapes de descente au prix d’une journée un peu longue. Qu’en retenir ?

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Avec guide et porteur au Kianjin-ri

- un trek sans difficultés particulières, en aller-retour : de Syabrubesi (alt. 1460 m), la vallée s’élève jusqu’au village de Langtang (alt. 3430 m, deux étapes) ; une troisième étape conduit aux village (et au temple) de Kyanjin Gumba (alt. 3870 m). De là, plusieurs excursions sont possibles. Certaines étant rendues impossibles par la neige (il a fait très inhabituellement mauvais pour la saison ces derniers jours), nous choisissons l’ascension du promontoire situé légèrement à l‘ouest du Kyanjin-ri, à 4500 m. Le temps étant malheureusement couvert ce matin là, nous ne pouvons qu’entrevoir les sommets voisins (et entendre le bruit d’une avalanche au nord-est). Du Kianjin-ri, nous ne sommes qu’à 4 km au sud du Dagpache (6567 m, qui marque la frontière avec le Tibet), mais celui-ci est masqué par les nuages.

Nous voyons de nombreux rapaces (aigles ?) et, en redescendant du Kyanjin-ri, une vingtaine de coqs tibétains, sorte de coqs de bruyère charnus déjà aperçus au Tibet.

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- c’est en fait de Kyanjin Gumba que nous avons les plus belles vues sur les sommets enneigés qui dominent la vallée au sud et à l’est :  Naya Kanga (5857 m), Ponggen Dokpu (5928 m) et Gangchenpo (6378 m). Le Langtang Lirung (7227 m), au nord, est le sommet le plus élevé, mais nous l’apercevons à peine à cause des nuages persistants qui l’enveloppent. Même pour les voyageurs arrivant du Tibet, le spectacle de ces montagnes est remarquable.

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- une belle variété de paysages. La partie basse de la marche se fait dans une vraie forêt tropicale, avec de nombreuses cascades et un décor qui rappelle l’Asie du sud-est, avec les lianes, les bambous, les fleurs carnivores et le grondement continue du torrent  qui coule des glaciers. Le sentier, bien tracé, est détrempé par les pluies des jours précédents même si nous avons la grande chance de bénéficier du beau temps. Il faut traverser plusieurs fois la rivière et ses affluents sur des ponts métalliques suspendus pour piétons, très communs au Népal. La végétation change peu à peu avec l’altitude. Des espèces de montagne apparaissent, dont des rhododendrons arborescents et certaines qui nous sont inconnues (l'argousier dont les baies jaunes orangées donnent un jus amer). Nous apercevons quelques grands singes à tête blanche entre 2500 et 3000 m. La forêt cesse un peu au dessus de 3000 m. On s’élève ensuite dans les alpages et les rochers jusqu’à la limite inférieure de la neige, vers 4200 m.

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- contrairement aux treks qui demandent une intendance lourde (tentes, ravitaillement), la vallée de Langtang est facile à arpenter car les villages vivent du tourisme : Les villages tibétains de Langtang et Kyanjin Gumba comptent de nombreuses petites hôtelleries et le chemin est jalonné de haltes où le marcheur peut trouver des repas simples et un gîte certes sommaire. Cela nous a permis de partir avec des charges réduites et de goûter à la vie des deux villages tibétains où nous avons fait étape. Si l’accueil des marcheurs à la belle saison y est l’activité essentielle, un peu d’agriculture et d’élevage y ont subsisté. Les troupeaux de yaks permettent une petite industrie fromagère, grâce à une coopération avec la Suisse dans les années 50 : les fromages de Langtang sont appréciés tant par les Népalais que par les touristes. Les distractions étant limitées et le temps se refroidissant vite l’après-midi au dessus de 3000 m, on se lève tôt, on se couche tôt, et on se regroupe dès 16 h autour du petit poêle à bois qui maintient une température clémente dans la salle commune. Nourrir tous ces visiteurs demandant de la main d’œuvre, les guides et les porteurs sont mis à contribution, chacun assurant le service de table pour ses clients.

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En l’absence de route, les charges arrivent le plus souvent à dos d’homme (nous avons vu un porteur monter 60 kg de riz), parfois à cheval ou en hélicoptère (chaque village a son petit héliport).

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Un mani près de Langtang 

-  la vallée est une vraie région tibétaine hors (mais tout près) du Tibet, sans doute peuplés de réfugiés. Joli petit temple à Kyanjin Gumba, nombreux stupas, manis (murs rituels) et moulins à proère mus par l’eau des torrents, qu’il faut toujours veiller à contourner dans le sens des aiguilles d’une montre.

 -   certes, il y a du monde en cette haute saison. A certains moments, le sentier nous semble bien fréquenté. Mais à d’autres, nous avons la montagne pour nous et on nous assure que d’autres parties du Népal, autour de l’Annapurna, sont plus fréquentées encore. Nous nous faisons donc une raison et garderons un très bon souvenir de la beauté de la vallée – si proche mais bien différente du Tibet dont nous venons – et de la gentillesse de tous, Népalais et Tibétains.

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47ème jour, 21 octobre, Syabrubesi Katmandou, 160 km : Nous repartons à 7 H 10 par très beau temps. A mi-parcours, notre conducteur a l’idée malencontreuse de changer d’itinéraire et de passer par Galchhi, où nous retrouvons la grande route de Katmandou à Pokhara. Cette route, qui relie les deux villes principales du pays, est complètement défoncée et encombrée de centaines de camions. Ceci nous vaut un retour lent et pénible vers Katmandou où nous arrivons vers 12 h 30.

47ème au 49ème jour, 21 au 23 octobre, Katmandou : second séjour dans la capitale qui nous permet de prendre un peu de repos, de vaquer à diverses affaires pratiques (très consommatrices de temps dans cette ville tour à tour privée d’électricité, de connexion Internet, etc.) et de continuer nos visites :

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- l’ensemble de temples hindouistes de Pashupatinath, qui est peut-être le site le plus célèbre de Katmandou (« l’équivalent du Vatican ou de la Mecque » nous affirme sans complexe un habitant) : série de sanctuaires perchés sur une colline, dans un parc, avec de très nombreux singes ; le temple principal est situé en contrebas, sur la rivière Bagmati. Petit cours d’eau fangeux, celle-ci n’en est pas moins sacrée pour les Népalais, l’équivalent du Gange (si ce n’est le Gange lui-même, comme on nous l’affirmera). Les crémations de la ville et de sa vallée ont donc lieu sur cette rive, avec un cérémonial strictement réglé et une utilisation de l’espace millimétrée en fonction des castes. C’est évidemment une vision forte, même si la distance et le rituel la rendent moins choquante, si ce n’est plus sereine.

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- Le quartier de Bauddhanath, au nord-est de la ville, qui est une petite ville tibétaine autour d’un sanctuaire principal et de plusieurs monastères. L’endroit évoque à sa manière le Jokhang de Lhassa, pas désagréable mais très touristique et commercialisé.

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- La vieille ville de Patan, au sud de Katmandou (c’était naguère une ville distincte) avec le remarquable ensemble architectural de Patan Durbar en brique rouge, sans doute le plus bel endroit de la ville, au milieu d’un beau quartier à forte prédominance bouddhiste (temples bouddhistes népalais, très différents des temples tibétains).

-         Le temple bouddhiste de Swayanmbhunath, au nord-ouest de la ville. Son principal mérite est peut-être la très belle vue qu’il offre sur Katmandou, plus que ses stupas disposés dans un aimable désordre ou que ses singes, beaucoup moins nombreux que les touristes.

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50ème jour, 24 octobre, Katmandou Pokhara, 216 km : nous quittons Katmandou à 7 h 25, non sans mal. Notre voiture s’insère dans une longue chenille ininterrompue de camions et d’autobus. Il nous faut 55 mn pour sortir de la vallée de Katmandou et de sa pollution, et deux heures d’une route exécrable  pour rejoindre le carrefour où nous avions rejoint la route de Pokhara il y a trois jours. La route s’améliore heureusement ensuite et les camions se font plus rares, ce qui permet de rouler plus vite (parfois un peu trop).

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On descend la jolie vallée de la rivière Mahesh qui coule d’est en ouest. L’altitude tombe jusqu’à 350 m, ce qui nous vaut une végétation tropicale. Trois arrêts en cours de route, dont deux sont agréables : le Riverside Spring Resort à Kurintar, joli hôtel colonial en bord de rivière. Et surtout le village de Bandipur, où l’on accède par 5 km de route en lacets depuis Dumre. Bien restauré, ce village est touristique mais très pittoresque, avec ses vieilles maisons de style newari en brique et en bois.. Belle vue sur les massifs de l’Annapurna et du Daulaghiri.

La route s’élève ensuite un peu jusqu’à Pokhara (83° 58’E, 28° 16’N,  alt. 900 m) où nous arrivons peu avant 15 heures. Au bord du lac Phewa et au sud du massif de l’Annapurna bien visible de la ville, c’est un repaire de touristes et de trekkeurs dans le genre décontracté.

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51ème jour, 25 octobre, Pokhara :  : journée reposante avec visite de quelques modestes curiosités locales :

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- le musée gurkha, immeuble vieillot qui abrite pieusement sur trois étages des souvenirs des bataillons gurkhas, ces unités d’élite de l’armée britannique et de l’armée indienne composée de soldats népalais ;

-   deux petits temples sans prétention et quelques maisons traditionnelles newari du vieux Pokhara, sans doute les dernières maisons de ce type que nous verrons avant de quitter le Népal. Les touristes étant massés près du lac, on retrouve une petite ville népalaise comme les autres dès qu’on s’éloigne du quartier des hôtels.

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PS : le yéti existe, nous avons vérifié.

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52ème jour, 26 octobre, Pokhara Bhairawa, 228 km : nous quittons Pokhara à 7 h 40. La matinée se passe à traverser la chaîne du Terai, qui est le contrefort méridional de l’Himalaya. Les hauteurs n’excèdent plus 1500 à 2000 m et les sommets enneigés ne sont plus visibles mais les paysages restent beaux avec des vallées encaissées, avec des rizières en terrasses et une belle végétation. La déforestation est cependant importante avec des zones habitées et cultivées jusqu’au sommet des collines. La route (Sidharta Highway) est généralement de bonne qualité et peu chargée, mais elle est très sinueuse, de sorte que nous roulons à 30 km/h à peine.

Nous passons par plusieurs petites villes : Syangjia, Waling, Tansen. A Butwal (167 km de Pokhara, alt 380 m), nous quittons d’un coup la montagne pour la plaine rizicole du Gange. Nous sommes encore au Népal pour quelques kilomètres mais c’en est fini des montagnes.

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L’après-midi, à partir de 13 h 30, se passe à visiter Lumbini, tout près de la frontière, lieu de naissance du Bouddha (en 563 av. JC) et haut lieu de pèlerinage pour les bouddhistes du monde entier. Un temple (Maha Devi) abrite les modestes vestiges archéologiques des sanctuaires érigés ici depuis plus de 2000 ans.

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Stupa "français" de Lumbini

Nous arpentons ensuite le site, qui abrite une vingtaine de temples et de monastères, chaque pays d’Asie orientale ayant voulu construire le sien. A l’ouest du canal central figurent les temples mahayana (bouddhisme dit du grand véhicule) : chinois (tout neuf et clinquant), coréen, tibétain, singapourien, vietnamien  et … français (un temple très laid et un stupa, en réalité franco-vietnamiens). A l’est du canal sont construits les temples theravada : sri lankais, thaï, birman. Un petit musée est consacré à la vie du Bouddha. Sans être beau, le site est instructif et attire des pèlerins du monde entier.

Nous passons la nuit à Bhairawa (83° 25’E, 27° 32’N, alt 240 m), bourgade poussiéreuse à 4 km au nord de la frontière.

53ème jour, 27 octobre, Bhairawa Lucknow (Uttar Pradesh, Inde),  285 km : nous ne quittons Bhairawa qu’à 9 h 30 car il a fallu à notre voiture indienne le temps de franchir la frontière pour venir nous chercher. Il nous faut une petite heure pour passer la frontière à Sunauli. Heureusement, seuls les rares touristes étrangers semblent faire l’objet d’un contrôle migratoire.

A suivre : Journal Pékin Paris (2013-2014) : 3 - en Inde