Journal Pékin Paris (2013-2014) : 3.2 - en Inde

Suite de Journal Pékin Paris (2013-2014) : 3.1 - en Inde

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88ème jour, 1er décembre, Hospet Karwar via Patnem, 395 km : nous quittons Hospet à 7 h 40 et reprenons par la force des choses la route de Goa que nous connaissons déjà. Jusqu’à Hubli, nous prenons la même route qu’avant hier. La traversée de Hubli est à nouveau très difficile. Instruits par l’expérience, nous prenons ensuite un itinéraire plus au sud, par Yellapur. La route nationale traverse aussi la grande forêt domaniale visitée avant hier, mais elle est beaucoup plus large et roulante. Nous déjeunons en pleine forêt ; ni tigres, ni éléphants, ni singes, ces derniers pourtant nombreux sur cette route, ne viennent troubler notre repas. Nous arrivons à Karwar, sur la côte (74° 08’E, 14° 50’N), vers 15 h. De là, nous remontons cette côte vers le nord-ouest, entrons à nouveau dans Goa et arrivons à Patnem où nous récupérons nos passeports avec soulagement.

Quelques minutes sur la plage et nous reprenons la route en sens inverse, jusqu’aux abords de Karwar, où nous arrivons peu avant 18 h. Nous trouvons un gîte juste au nord de l’estuaire.

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89ème jour, 2 décembre, Karwar Madikeri, 434 km : nous quittons Karwar à 6 h 50 vers le sud (route côtière NH 17, déjà prise hier sur les 40 premiers kilomètres). La première heure de route est agréable car peu de monde est levé. La suite est assez pénible avec une route mauvaise par endroits et surtout très chargée. Elle est en cours d’élargissement à quatre voies sur certains tronçons, mais il faut alors prendre garde aux nombreux véhicules à contre sens. Nous faisons halte quelques minutes sur une belle plage (km 179) dont les abords sont malheureusement sales.

Nous nous arrêtons brièvement dans les deux villes côtières traversées :

-         Udupi, pour regarder rapidement le temple de Krishna ;

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- Mangalore (à ne pas confondre avec Bangalore, plus connue), ville aux très nombreuses églises héritées de l’évangélisation portugaise ; au cœur de la ville se trouve un vaste complexe éducatif et religieux tenu par les pères jésuites ; nous passons devant le collège saint Louis de Gonzague (Gonzaga School), avec une pensée pour l’institution parisienne cousine et nous gagnons l’Aloysius Chapel, église aux fresques étonnantes que d’aucuns vont jusqu’à comparer aux fresques de la chapelle Sixtine ; c’est sûrement excessif, mais cette église en terre indienne est assez surprenante.

Nous quittons ensuite la côte vers le sud-est, en direction de Bangalore (cette fois, bien lire Bangalore), puis de Mysore. La route s’élève peu à peu dans les collines, par Puttur et Sulla. Plantations de palmiers (aréquiers ?) et d‘hévéas. Bonne au début, elle se dégrade peu à peu. Près de Sula, elle devient détestable, avec des milliers de trous. Notre vitesse tombe à 20 km/h et nous sommes rudement secoués. Puis nous atteignons une zone refaite et la montée finale en lacets, à la tombée de la nuit, est parfaite. Nous atteignons Madikeri (alias Mercara, 75° 44’ E, 12° 25’ N, alt. 1525 m), petite ville et station d’altitude perchée au sommet d’une montagne, dans la région boisée connue sous le nom de Coorg. Nous y arrivons un peu après 18 h et il nous faut une heure pour y trouver un toit.

90ème jour, 3 décembre, Madikeri Mysore, 126 km : il fait frais ce matin et la vue est très dégagée du haut de notre montagne. Nous en descendons par une belle route qui traverse le plateau de Coorg avec ses plantations, de café notamment.

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Jeune moine originaire de Leh (Ladakh)

A l’est du village de Kushalnagar (32 km à l’est de Madikeri), nous nous arrêtons au monastère tibétain de Namdroling (de l’obédience nyingmapa). Construit, nous dit-on, en 1999 (mais le monastère avait été fondé par Penor Rimpoche dès 1963), il compte 4000 moines et 800 moniales ; certains sont tibétains, d’autres indiens. Ce monastère, qui est le principale centre d’enseignement des bouddhistes nyingmapa, attire de nombreux visiteurs indiens et quelques étrangers. La zone environnante est une petite enclave tibétaine en terre indienne avec ses stupas, ses auberges, son hôpital et même quelques petites entreprises. Il existe plusieurs monastères tibétains en Inde du sud. Les Tibétains établis à proximité vivent souvent mieux que les populations locales, car ils bénéficient de l’aide de la diaspora tibétaine.

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Notre hôtel à Mysore

Nous arrivons à Mysore (76° 38'E, 12° 18'N, alt 707m) vers midi et nous installons dans un bel hôtel colonial (construit comme résidence d’hôtes au début du siècle dernier). Visite l’après-midi du Palais du Maharajah. Construit en 1912 par un architecte britannique après qu’un incendie eut détruit le palais précédent, c’est un remarquable édifice de style « indo-sarracénien », combinant arts indien, islamique et victorien. C’était un palais moderne pour l’époque avec l’électricité, deux ascenseurs et des colonnes de fer forgé importées d’Angleterre. La décoration est remarquable même si la sobriété n’est pas sa qualité première.

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Nous visitons aussi un beau marché et plusieurs bâtiments voisins de style analogue – indo-victorien pourrait-on dire - avec leurs couleurs vives. Nous terminons par le tout petit musée des chemins de fer où l’on peut admirer un ancien wagon salon de maharani, curieusement assez modeste.

91ème jour, 4 décembre, Mysore Kozhikode (Calicut, Kerala), 253 km : poursuivant nos zig-zags entre la côte et l’intérieur, nous reprenons la même route qu’hier sur 50 km environ jusqu’un peu après Hunsur. Ensuite, nous bifurquons au sud-ouest par une petite route qui traverse les Ghat occidentaux, cette chaîne de petites montagnes qui nous sépare de la côte.

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Nous traversons tour à tour des plantations de café et des forêts protégées. Dans l’une d’elles, nous découvrons un campement avec des éléphants au travail. La route est tour à tour très bonne (lorsqu’elle a été récemment refaite) et très défoncée (dans le cas contraire). Elle est très lente puisqu’il nous faut 5 h 30 pour parcourir 140 km.

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Vers 12 h 25, nous traversons la réserve naturelle de Brahmagiri. C’est une belle forêt, presque une jungle, traversée par une route étroite qui descend de la montagne en lacets. Soudain, nous trouvons la route obstruée par un arbre tombé en travers. Cela vient visiblement de se produire, car nous sommes la première voiture à le constater. A quelques secondes ou minutes près, la chute aurait été pour nous. Dix minutes plus tard, un petit embouteillage s’est produit. Nul ne songe à faire demi-tour tant il serait long de trouver un autre itinéraire. Un homme attaque l’arbre au coupe-coupe et coupe les trois branches qui le bloquent. Cela fait, tous les hommes unissent leurs forces et parviennent à faire pivoter le tronc, libérant le passage.

Nous entrons peu après au Kerala où nous retrouvons la chaleur de la côte et une région très peuplée, qui contrastent avec les plateaux du Coorg dont nous arrivons. La route reste donc lente et nous en retrouvons la côte, un peu à l’est de Thalasseri, que peu après 15 h.

Quelques minutes plus tard, nous nous arrêtons à Mahe. Le voyageur distrait pourrait traverser cette très petite ville (40 000 habitants, un village à l’échelle de l’Inde) sans y prêter attention, mais nous y venons en pèlerinage car Mahe fut française de 1816 à 1954. C’est le seul des cinq anciens comptoirs français de l’Inde qui se trouve sur la côte ouest. Nous vous raconterons notre visite dans un article spécifique.

De Mahe à Kozhikode, il ne reste que 51 km, mais ils sont lents et pénibles. La zone côtière traversée par le nationale 17 est très peuplée, avec des villages quasiment sans interruption et une circulation  extrêmement dense. Malgré nos efforts, nous arrivons à Kozhikode (ex-Calicut, 75° 46’E, 11° 16’N) à la nuit tombante. La recherche nocturne d’un logis est d’autant plus difficile que l’hôtel de charme que nous visions, dans une belle villa coloniale, est désormais fermé. Nous devons nous rabattre sur un hôtel convenable mais sans charme au nord de la ville.

Nous achevons ce soir notre troisième mois de voyage. Nous avons parcouru 15 906 km depuis Pékin, dont 5 393 sur les routes indiennes. Tout s’est bien passé jusqu’ici mais la difficulté, voire le danger de conduire sur les routes indiennes sont bien réels.

92ème jour, 5 décembre, Calicut Fort Cochin, 210 km : nous commençons la journée par la visite de Calicut et de ses environs :

  • Mananchira Square, au centre de la ville, avec son réservoir d’eau et l’église toute proche, bâtie par des missionnaires suisses, à la décoration étrangement dépouillée ;

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  • le quartier musulman de Kuttichira, au sud de la ville, avec trois mosquées très anciennes (deux d’entre elles auraient plus de mille ans) en bois, à l’architecture remarquable, dépourvues de minarets. La plus grande et la plus connue, la mosquée Mishkal (du nom d’un commerçant et navigateur yéménite) fut brûlée en 1510 par les Portugais et reconstruite peu après avec l’aide de la dynastie locale ; plusieurs maisons séculaires ajoutent à l’intérêt qu quartier ;
  • le port de pêche de Beypore, à 20 km au sud de la ville (odeurs fortes garanties) ;

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  • et, après une longue recherche car peu de gens du pays le connaissent, le chantier naval artisanal de Beypore ; il se trouve sur l’estuaire, au bout d’une petite venelle boueuse, bien à l’abri des regards (75° 49’E, 11° 11’N) ; c’est là que sont construits à la main les dhows, ces gros navires entièrement en bois destinés au commerce maritime avec le Golfe persique ; quatre dhows sont en construction, pour des acheteurs du Golfe semble-t-il ; leurs superstructures sont finement sculptées.

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Nous quittons Beypore vers le sud à 11 h. La route qui suit est pénible : routes étroites et très encombrées, traversées incessantes d’agglomérations, orientation difficile avec une carte imprécise et un GPS Garmin qui multiplie les erreurs. Il nous faut près de 6 heures pour quelque 175 km, avec un déjeuner sur une plage  de pêcheurs, un peu au sud de Ponnani.

En approchant de Cochin, nous sommes déjà dans l’ambiance des célèbres backwaters du Kerala, avec des canaux et des lagunes un peu partout, dans leur végétation tropicale.

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Les "filets chinois" de Vypeen, en face de Fort Cochin

 

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Notre hôtel à Fort Cochin

Nous atteignons (par deux ponts)  l’île de Vypeen vers 17 h. De là, un bac passablement bondé nous conduit en quelques minutes à Fort Cochin (76° 15’E, 9° 58’N), quartier touristique par excellence de Cochin, qui nous séduit aussitôt par sa tranquillité – en contraste avec le tumulte ordinaire des villes indiennes - et ses belles maisons coloniales. Nous en trouvons une construite en 1912, pleine de charme et remarquablement aménagée, pour passer la nuit et commençons aussitôt à visiter la ville.

93ème jour, 6 décembre, Fort Cochin Chethy, 50 km : visite ce matin du quartier juif de Mattanchery, à 2,5 km de Fort Cochin. Très touristique et commerçant mais assez joli, avec sa synagogue (malheureusement fermée le vendredi) et l’odeur des nombreux magasins d’épices qui rappelle la vocation ancienne de comptoir de Cochin.

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Nous poursuivons en fin de matinée la visite de Fort Cochin avec ses maisons coloniales et ses églises : église Saint François où se trouve l’ancienne tombe de Vasco de Gama, basilique Santa Cruz qui fait office de cathédrale.

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Nous quittons Fort Cochin à 14 h par une petite route – peu passante, donc assez agréable – qui longe la côte vers le sud. Nous faisons étape un peu plus tard à Chethy (76° 18’E, 9° 36’N), village de pêcheurs situé à une douzaine de kilomètres au nord-ouest d’Alapuzha (Aleppey). Nous logeons dans un joli bungalow en bois, au milieu des maisons de pêcheurs. Nous nous promenons sur la plage, qui est belle, et voyons ces derniers embarquer pour leur sortie nocturne.

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94ème jour, 7 décembre, Chethy Varkala, 150 km : réveillés de bonne heure par les matines et les laudes de l’église voisine, nous gagnons Mulackall, faubourg nord d’Alleppey. Là, nous prenons place sur une petite embarcation couverte pour nous protéger du soleil et, confortablement installés, partons à la découverte des fameuses backwaters environnantes (une autre possibilité aurait constitué à louer un houseboat et à y passer la nuit). Quatre heures durant, nous parcourons à petite vitesse les canaux et les lacs des environs, autour du village de Kuppapuram. C’est une déambulation très reposante entre les jacinthes d’eau, protégée des fortes chaleurs par les arbres qui bordent les canaux. Ceux-ci étant bordés de petites maisons, on peut observer à loisir la vie villageoise : la récolte et le chargement du riz sur de gros bateaux ventrus (les canaux sont entourés de vastes rizières qu’ils contribuent à irriguer), le battement du linge qu’on lave à même le canal. Jolie excursion au total.

Nous reprenons la route à 13 h, traversons Aleppey et poursuivons vers le sud par la route nationale (NH47). Pas de difficulté particulière mais route lente et chargée, il nous faut plus de trois heures pour parcourir 120 km.

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Arrivés à Varkala (76° 42'E, 8° 44'N) vers 16 h 15, nous nous installons dans un bel hôtel dominant la falaise et descendons sur les plages. La plage principale est très populeuse et envahie, comme il est normal un samedi à proximité d’une grande ville (Trivandrum) ; elle est fréquentée par des Indiens et des touristes occidentaux, mixité que nous découvrons pour la première fois sur une plage indienne. La plage située un peu plus au sud, moins facile d’accès, est beaucoup plus calme et le soleil couchant éclaire encore un peu les falaises rouges qui ont fait la réputation de Varkala.

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95ème jour, 8 décembre, Varkala Kanyakumari (Tamil Nadu), 158 km : partis de Varkala à 11 heures après avoir bien profité de la belle piscine de notre hôtel, il nous faut près de trois heures pour gagner le centre de Thiruvanananthapuram – plus connue sous son ancien nom de Trivandrum – distant de 45 km à vol d’oiseau. La circulation est dense, aucune voie rapide ne permet d’entrer en ville et l’orientation est difficile pour les raisons habituelles. Le centre ville est pourtant intéressant avec plusieurs bâtiments – universités et églises notamment - d’un style que l’on pourrait qualifier de « victorien du Kerala », mariant le néo-gothique avec les grands toit de tuiles du pays. Comme ailleurs au Kerala, les églises sont tantôt catholiques romaines, tantôt catholiques syriaques, tantôt orthodoxes syriaques, le plus souvent sobrement décorées.

Nous reprenons ensuite la route vers le sud-ouest, qui est lente et chargée. Nous ne nous arrêtons pas sur la plage de Kovalam, à 10 km de Trivandrum, supposant qu’elle sera complètement envahie un dimanche après-midi. Nous entrons bientôt dans l’Etat du Tamil Nadu, ce qui se traduit aussitôt par une route dégradée, avec beaucoup de trous. Les derniers kilomètres sont un peu plus pittoresques car les rizières sont belles et les derniers contreforts des Ghats occidentaux arrivent presque jusqu’à la côte.

Nous arrivons à 17 h 30 à Kanyakumari, plus connue hors d’Inde sous le nom de cap Comorin (77° 33’E, 8° 04’N). L’endroit attire une foule de touristes et de dévots car plusieurs temples et monuments y sont érigés. C’est donc un capharnaüm touristique et commercial complet avec l’affluence, les commerces et les odeurs fortes.

Si l’endroit ne se prête pas au recueillement, il est symbolique car c’est le point le plus au sud de l’Inde continentale. C’est le seul endroit de l’Inde (hors des îles) où l’on peut admirer le lever et le coucher du soleil sur la mer et les innombrables visiteurs ne s’en privent pas. A l’ouest, la mer d’Oman, à l’est le golfe du Bengale et au sud de grand large de l’Océan indien, de sorte que les gens du pays parlent des « trois mers » qui convergent ici. Notre hôtel est à 200 mètres du phare qui signale le cap aux navires.

Le cap Comorin est aussi le point le plus au sud de notre voyage. Depuis les monts Tianshan près d’Urumqi (le 21 septembre), nous avons descendu 36° de latitude. Nous allons maintenant remonter vers le nord. Après avoir tourné le dos à l’Europe depuis plus d’un mois, nous allons commencer à nous en rapprocher doucement.

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lever de soleil au cap Comorin

96ème jour, 9 décembre, Kanyakumari Darasuran, 465 km : nous assistons au lever du soleil sur la mer (cap Comorin oblige) et prenons la route à 7 h 10. Paysages de rizières. Heureuse surprise : la route NH7, qui longe la côte est, est une route à quatre voies d’excellente qualité et assez peu passante à cette heure matinale. Du coup, nous gagnons Madurai (240 km) à 75 km/h de moyenne, du jamais vu depuis notre arrivée en Inde, plus du double de nos moyennes habituelles.

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le temple Sri Meenakshi à Madurai (détail)

A Madurai, en revanche, nous trouvons une circulation urbaine chaotique avec des milliers de motos. Nous trouvons néanmoins le célèbre et énorme temple Sri Meenakshi : gopura (portiques) immenses et polychromes, comme il se doit dans les temples tamouls, halls caverneux où les fidèles prient par milliers.

Nous poursuivons ensuite notre route vers le nord-est, par une région assez peu cultivée et peuplée, d’où une route plutôt facile bien que nous ayons quitté la route NH7. Petit arrêt à Tirumayam pour regarder le fort très restauré et le temple de Krishna voisin.

A Puddukkotai, longue recherche pour localiser l’ancien palais où se trouve un petit musée (quelques belles statues mais l’absence d’électricité ne permet pas une vraie visite). Nous traversons ensuite Thanjavur, où la circulation est difficile. Les derniers kilomètres sont pénibles car la nuit est tombée, la route est plutôt mauvaise et on traverse une longue succession de villages. C’est avec soulagement que nous trouvons notre hôtel à 18 h 30 au village de Darasuram (79° 20’E, 10° 57’N, à 4km à l’ouest de Kumbakonam). C’est un grand domaine dédié aux soins ayurvédiques, avec de vastes villas. Nous avons la surprise d’y être accueillis en français, par un réceptionniste natif de Karikal qui a passé des années à la Légion étrangère.

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97ème jour, 10 décembre, Darasuran Pondichéry, 209 km : partis à 10 h 15, nous rejoignons la côte par un lacis de petites routes. Paysages bucoliques au milieu de belles rizières, petites maisons à toits de chaume dans les villages. C’est pittoresque mais lent, il nous faut deux bonnes heures pour parcourir 70 km. Cette route étroite nous vaut notre premier accrochage. Pour négocier un croisement étroit, nous nous étions sagement arrêtés mais un taxi arrivant en sens inverse à bonne vitesse a copieusement éraflé notre voiture. Rien de grave heureusement mais cela aurait pu l’être. Tout le dommage est pour nous mais nous sommes gratifiés de reproches plutôt que d’excuses.  Nous arrivons enfin à Karaikal (Karikal), ancien comptoir français. Nous sommes accueillis en français avec une grande gentillesse. C’est une visite intéressante, que nous raconterons dans un article ultérieur.

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Nous quittons Karikal par le nord et nous arrêtons à Tranquebar, juste au nord. C’est le lieu d’un ancien établissement danois : une mission luthérienne fondée par des pères allemands, un fort face au grand large construit en 1620. L’endroit passa rapidement sous contrôle anglais, mais il y eut des gouverneurs hollandais jusqu’en 1845, année où les possessions danoises des Indes furent cédées à la Compagnie anglaise des Indes. Le fort abrite un petit musée. On se demande comment les navires pouvaient accoster en l’absence de port naturel, avec une mer démontée. Trankevar est aussi le lieu de naissance de Catherine Worlee qui devint la Marquise de Talleyrand. Un temple tamoul vieux de 700 ans, quelques belles maisons coloniales dont certaines sont restaurées, dont l’une en hôtel haut de gamme.

De Tranquebar, une route étroite et lente nous conduit à Pondichéry (79° 50'E, 11° 56'N) en passant par Cuddalore. Les derniers kilomètres et l’entrée dans Pondichéry de nuit sont très difficiles. Nous poussons un ouf en nous installant dans la belle demeure coloniale qui sera notre logis.

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Notre hôtel, rue Romain Rolland

98ème jour, 11 décembre, Pondichéry : journée de visite d’autant plus agréable et instructive que nous sommes reçus avec beaucoup de gentillesse par notre collègue en résidence ici et son épouse. Nous vous raconterons nos impressions de Pondichéry dans un article spécifique.

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99ème jour, 12 décembre, Pondichéry Chennai (Madras), 220 km : nous quittons Pondichéry à regret et, à notre surprise, sous une assez forte pluie. Nous nous dirigeons vers le nord-ouest par une route bonne au début, mais qui se dégrade vite, jusqu’à Gingee (70 km, 2 h 30 de route). Par chance, nous bénéficions d’une accalmie pour visiter le fort de Krishnagiri (16ème siècle), construit sur une colline dominant une plaine rizicole (15 mn de montée, belle vue). Deux autres forts sont construits sur deux autres collines. Ces forts furent conquis et occupés par un lieutenant de Dupleix en 1761.

Nous reprenons la route vers midi, sous une pluie très forte par moments. Celle-ci prend heureusement fin peu avant notre arrivée à Chennai (Madras, 80° 15'E, 13° 01'N) où nous entrons sans encombres malgré la taille de la ville et la densité de la circulation.

Nous laissons sagement la voiture à l’hôtel et parcourons la ville en rickshaw motorisé, ce qui nous permet d’effectuer deux visites :

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  • Le musée gouvernemental, abrité dans des bâtiments de la période coloniale, avec deux salles remarquables : une collection de bronzes et une section archéologique comportant des statues et des inscriptions anciennes dans des langues antérieures aux langues actuelles de l’Inde du sud.

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  • La cathédrale Saint Thomas, proche de la mer, reconstruite en 1893 en style néo-gothique. Elle abrite, dans une crypte toute moderne, la tombe  Saint  Thomas, réputé être mort en martyr à Madras en 72. L’intercession de l’apôtre – nous explique-t-on – a protégé le quartier du tsunami de 2004 qui a frappé la ville. Nous assistons aussi à un mariage haut en musique et en couleurs.

De Madras, nous ne prenons qu’une vue très rapide à l’occasion de ces trajets, dont nous retiendrons surtout la taille de la ville et la difficulté pour le novice de s’y orienter.

100ème jour, 13 décembre, Chennai Vijayawada (Andhra Pradesh), 483 km : nous quittons l’hôtel vers 8 heures ; toutes les conditions sont réunies pour compliquer la sortie de la ville : sa taille, les travaux du métro, de nombreuses routes fermées et les erreurs du GPS Garmin. Il nous faut deux heures, dans ces conditions, pour trouver la sortie de la ville et la route vers Calcutta (NH5).

Cette route est moins facile et rapide qu’on pourrait l’espérer car elle est en réfection sur tout le trajet : c’est le chantier quasi-permanent. Elle présente en revanche l’avantage d’éviter les deux petites villes du trajet – Nellore et Ongole – et la plupart des villages.

La route longe la côte à quelques dizaines de kilomètres de distance. Région plate dans l’ensemble, à quelques petites collines près. Beaucoup de rizières au début, des champs de coton en cours de récolte vers la fin, ainsi que diverses cultures de légumes.

Nous arrivons à Vijayawada à la nuit tombée. Il est trop tard pour toute visite et la recherche nocturne de l’hôtel est à nouveau très difficile.

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101ème jour, 14 décembre, Vijayawada Visakhapatnam, 448 km : nous reprenons la route NH5 peu avant 8 heures, sur 150 km. Elle est bien meilleure qu’hier, aucune section n’étant en réfection. Après avoir traversé le premier bras de l’estuaire du fleuve Godavari, nous bifurquons à droite et une succession de petites routes – certaines très petites – nous conduit 75 km plus loin à Yanam, (ex-Yanaon, 82° 13’E, 16 ° 44’N), ancien comptoir français où nous arrivons à 12 h 30.

Nous repartons après le déjeuner vers le nord par une route assez lente (beaucoup de temps perdu en particulier pour traverser la petite ville de Kakinada). Nous aurions aimé trouver un gîte d’étape mais aucun hôtel ne se présente en bord de route ou dans les petites localités traversées. La route NH5 nous amène à Visakahapatnam (83° 15’E, 17° 42’N) à 18 h 30 (la nuit étant tombée depuis une heure) et il nous faut trois heures très éprouvantes pour trouver le front de mer et un hôtel qui veut bien de nous pour cette nuit.

102ème jour, 15 décembre, Visakhapatnam Thotlakonda et retour, 47 km : journée tranquille à « Visag » (surnom de Visakhapatnam). La plage, en pleine ville, pourrait être belle mais est jonchée d’ordures. La flotte de l’est de la marine indienne mouille au large.

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le grand stupa (mahastupa) de Bavikonda

Nous visitons deux sites archéologiques bouddhiques, Bavikonda et Thotlakonda, situés sur deux collines dominant la mer à 14 et 16 km de la ville et bénéficions des aimables commentaires du conservateur. Il s’agit de deux anciens monastères qui ont été actifs de – 300 à 400 à peu près. Lorsqu’ils ont été découverts en 1982 (grâce à des relevés de la marine indienne), il ne restait que des ruines en briques enfouies sous la végétation. Des travaux de restauration entrepris depuis donnent une idée assez parlante des stupas, des halls de prière, des autres bâtiments et des citernes creusées dans le roc. Thotlakonda est le site le plus grand et le plus visité mais nous avons apprécié le calme de Bavikonda où nous étions les seuls touristes.

Promenade sur la plage de Thotlakonda, face au grand large. Elle serait très belle si elle était plus propre.

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Bheemumiputnam, la rue principale

103ème jour, 16 décembre, Visakhapatnam Gopalpur on sea (Odisha), 284 km : nous quittons «Visag » vers 9 h 45 par la même route de côte qu’hier mais la suivons plus loin, avec un petit arrêt sur la plage, jusqu’au village de pêcheurs de Bheemunipatnam, à 25 km, peuplé avant la fondation de Visakhapatnam, ancien établissement hollandais. Nous reprenons ensuite la route NH5 qui s’écarte de la côte et frôle à plusieurs reprises les premières collines des Ghats orientaux. C’est une route facile, en bon état dans l’ensemble et curieusement peu fréquentée. Nous avons rarement eu d’aussi bonnes conditions de route en Inde.

Nous quittons l’Andra Pradesh et entrons en Odisha (ex-Orissa) peu avant Berhampur. La qualité de la route tend à se dégrader et la pauvreté se fait aussitôt plus visible dans les villages traversés, l’Odisha est un Etat déshérité.

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Nous bifurquons vers la côte et gagnons par une route étroite la petite station balnéaire de Gopalpur on sea (84° 54’E, 19° 15’N) où nous arrivons vers 17 h. Sur une grande plage sauvage qui s’étend à perte de vue, c’est un Palavas les flots indien où tout semble aller à vau l’eau – à l’exception heureusement d’un bel hôtel, construit en 1914, qui se flatte d’être le premier hôtel en bord de mer de l’Inde.

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Cette enclave de confort et de bien être nous accueille pour la nuit.

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104ème jour, 17 décembre, Gopalpur on Sea Puri, 216 km : le soleil se lève à 6 h 20 et il fait froid à cette heure matinale, prémisse possible de l’hiver qui sévit plus au nord ; après avoir bien profité de Gopalpur on sea, nous reprenons la route de Calcutta sur 150 km environ. Elle est facile car peu fréquentée. Campagne plantée en  rizières qui sont sèches à cette période de l’année. Nous apercevons le grand lac Chilika, lieu de passage de nombreux oiseaux migrateurs

Nous bifurquons ensuite vers la côte. Les conditions de route deviennent alors difficiles : une nouvelle route est en construction, nous devons passer par son chantier et par une  petite route très défoncée. Nous arrivons donc à Puri, sur la côte (85°50’E, 19°48’N), trop tard pour commencer des visites, d’autant plus que l’on nous met en garde contre les sorties nocturnes.

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Nous logeons à l’hôtel des chemins de fer, bâtiment colonial qui ne manque pas de charme rétro. Léonid Brejnev et Jackie Kennedy, utilisateurs éphémères des chemins de fer indiens, sont en photo dans le hall. Les chambres sont ornées d’anciennes photos de gares.

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 Puri : la plage

105ème jour, 18 décembre, Puri Bhubaneswar, 121 km : courte promenade sur la plage de Puri (Golden beach) à l’heure où les pêcheurs remontent leurs filets. Le spectacle mérite le coup d’œil. A part ça,  cette plage pourtant connue est décevante : populeuse, dépourvue d’ombre et sale.

Nous allons regarder le plus grand temple de la ville, Jagannath Mandir. Son accès est réservé aux Hindous, mais le spectacle de milliers de pèlerins aux alentours est édifiant. Juste en face, accolé à une bibliothèque se trouve un ancien  monastère à l’abandon, envahi par les plantes.

Nous poursuivons ensuite vers le nord-est sur 35 km, par la route côtière. Celle-ci traverse une réserve naturelle. Nous ne voyons pas les daims annoncés mais l’absence de village rend la route facile et paisible. Nous nous arrêtons sur la plage qui est déserte à quelques pêcheurs près et presque propre. Cette belle plage à perte de vue est pour nous la dernière du golfe du Bengale.

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A Konark, le temple dédié à Surya, le dieu du soleil, construit au 13ème siècle, est spectaculaire : il se présente comme un immense chariot à 24 roues tiré par des chevaux, avec de plus petits vestiges périphériques. Nous visitons le petit musée archéologique voisin où nous sommes seuls, contrairement au temple très fréquenté.

Nous gagnons ensuite la ville de Bhubaneswar (85° 49’E, 20° 18’N) par une route étroite et encombrée. Bhubaneswar est connue pour son grand nombre de temples. Nous allons voir le plus connu, Lingaraj Mandir, que nous ne pouvons aussi qu’apercevoir de l’extérieur, et plusieurs petits temples  voisins.

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Notre dernière visite est pour les grottes Udayagiri et Khandagiri, sculptées pour des ascètes jain au 1er siècle. Quelques sculptures intéressantes, mais rien de comparable  aux grottes les plus connues d’Inde.

106ème jour, 19 décembre, Bhubaneswar Kolkata (Calcutta, Bengale occidental), 451 km : route sans histoire jusqu’à Calcutta que nous rejoignons en neuf heures. La route est bonne sur certains tronçons mais en travaux sur d’autres, ce qui ralentit l’allure. « En travaux » est d’ailleurs une expression mal adaptée, car de nombreux chantiers semblent  à l’abandon, sans matériel ni personnel. Campagne plate plantée en rizières, qui sont sèches à cette période de l’année.

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La pollution de l’air devient intense à l’approche de Calcutta. Quand nous traversons le grand pont sur l’Hooghly, la rivière et ses bateaux sont à peine visibles dans un halo de fumée grise. La rentrée dans Calcutta (88° 21’E, 22° 32’N) est stressante, mais se passe bien et nous trouvons notre hôtel sans grand mal.

Calcutta est le point le plus à l’est de notre voyage en Inde. Nous sommes à peu près à la longitude de Xigaze (au Tibet, nous y sommes passés le 9 octobre) et à la latitude de Tamanrasset, dans le sud du Sahara.

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107ème et 108ème jours, 20-21 décembre, Calcutta : Calcutta ne semble pas avoir tant changé depuis notre première visite, en 2002. Ville immense qui accentue encore les caractéristiques des villes indiennes : bruyante, chaotique, contrastée entre îlots de richesse et pauvreté omniprésente. Les mêmes taxis jaunes, de vieilles Hindustan Ambassador, remplissent toujours les rues, le tramway grillagé est plus antique encore. Calcutta est peut-être plus décrépite que les autres grandes villes indiennes, ce qui n’est pas peu dire.

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Petit symbole parmi bien d’autres : on y trouve encore des pousse-pousse tirés par un homme à pied, alors que ce mode de transport est désormais banni presque partout ailleurs, tant il est considéré comme d’un autre âge (les cyclopousse restent en revanche largement répandus en Asie).

De nombreux bâtiments historiques subsistent malgré des destructions fréquentes (le patrimoine est peu protégé), mais dont peu sont épargnés par les ravages du temps, de la mousson et du manque d’entretien. Le Bengale est fier de sa culture et de sa poésie, il se flatte d’avoir donné naissance à plus de prix Nobel que le reste de l’Inde. Mais Calcutta est sans doute plus tournée vers le passé que Bombay, par exemple.

Avec ses nombreux clubs, c’est une ville agréable pour les riches malgré la pollution et les embouteillages. Mais – lisez ou relisez « la cité de la joie » - c’est une ville dure pour les pauvres, infiniment plus nombreux.

Calcutta offre de nombreux sites dignes d’intérêt. Avec l’aide de collègues et amis qui nous ont prodigué leur temps et fait bénéficier de leur connaissance intime de la ville, nous avons notamment visité :

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  • Le monument de Victoria, achevé en 1921 en hommage à l’Impératrice des Indes disparue vingt ans plus tôt, vaste capitole de marbre au milieu d’un beau jardin, qui combine les styles européen et indien (ce dernier sur le mode mineur cependant, comparé à d’autres bâtiments coloniaux). Les souverains britanniques et les vice-rois des Indes restent présents par leurs statues et leurs portraits, même si les légendes sont critiques du fait colonial.

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  • Le palais de marbre, demeure aristocratique grandiose quoiqu’un peu décrépite, construite en 1835, qui regorge de marbre d’Italie, de lustres, de statues grecques néo-antiques, de vases chinois et de tableaux, sans oublier une belle collection de perroquets dans des volières ;
  • La maison de R. Tagore, belle demeure transformée en musée à la mémoire du grand poète ;
  • La cathédrale anglicane Saint Paul, néo-gothique,  qui rappelle celle de Bombay avec ses stèles à la mémoire d’officiers britanniques disparus dans tout l’Empire des Indes (y compris la Birmanie et Ceylan mais aussi en Afrique du sud et sur les océans.
  • Le consulat général de France, installé en location dans une charmante maison coloniale.

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  • Plusieurs marchés, dont le marché de gros aux fleurs de Mullik ghat, sur les bords de l’Hooghly, où sont vendues les fleurs destinées à toute la ville, en vrac ou en couronnes  ou colliers destinés aux temples.
  • La maison où Mère Teresa travailla pendant des décennies, mourut le 5 septembre 1997 et repose depuis lors. C’est devenu un lieu de pèlerinage très visité mais c’est aussi le siège de l’ordre des missionnaires de la charité. Le quartier, sans être misérable, est populaire. Juste derrière les sœurs, le bureau local et un centre de formation du Parti communiste indien (marxiste), puissant au Bengale. Et à peine plus loin, plusieurs mosquées. C’est l’Inde …

109ème jour, 22 décembre, Calcutta Berhampore, 236 km : nous quittons Calcutta sans grande difficulté en ce dimanche matin et prenons la route du nord. Dès que nous quittons la grande route (NH2) pour de plus petites (SH13 puis chemin vicinaux), la qualité des routes se dégrade. L’arrivée à par une route minuscule est laborieuse. Nous sommes à 10h à Chandanagar (Chandernagor), ancien comptoir français sur la rive droite de l’Hooghly (voir l'article sur  les anciens comptoirs français de l’Inde ).

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Un baptême à Chandernagor

Nous en repartons à midi. Nous passons par Pandel, un peu plus au nord, ancien siège d’une mission portugaise et traversons l’Hooghly au pont de Kalyani. Il nous faut plus d’une heure pour gagner la grande route de la rive gauche (NH 34), dite route de l’Assam car elle est la voie d’accès aux Etats du nord-est indien. Nous coupons le tropique du Cancer à 13 h 40. La route est malheureusement dans un état déplorable : mis à part quelques courts tronçons qui viennent d’être refaits, elle est complètement défoncée ou en cours de réfection et traverse de nombreux villages. Nous avançons au ralenti dans les cahots et la poussière. Il nous faut cinq heures pour 150 km et nous arrivons à Berhampore (85° 49’E, 24°05’N) à 18 h, une (longue) heure après la tombée de la nuit.

110ème jour, 23 décembre, Berhampore Kishanganj, 290 km : Journée longue et pénible, avec les plus mauvaises conditions de route depuis notre arrivée en Inde. Nous partons à 6 h 20 dans un épais brouillard.  Pendant la matinée, nous longeons la frontière Inde-Bangladesh et franchissons le Gange au (très long) pont de Farakka.

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Mises à part quelques courts tronçons récemment refaits, la route (NH 34) est très mauvaise. Elle se dégrade encore dans l’après-midi pour devenir une des pires que nous ayons prises depuis des années. Les trous sont si profonds que les nombreux camions cassent des essieux et bloquent le passage, d'autres s'ensablent.   Il nous faut plus de trois heures de route défoncée pour parcourir les 46 km entre les localités de Raiganj et Dalkola. En milieu d’après-midi, nous nous retrouvons bloqués 27 km avant Dalkola dans un embouteillage causé par des camions cassés par les trous. Nous repartons heureusement avant la tombée du jour, mais la nuit arrive peu après. La route NH31, que nous trouvons à Dalkola, est heureusement moins mauvaise, mais nous n’arrivons à la bourgade de Kishanganj (87°57’E, 26° 06’N) que vers 18 h 30. Le petit hôtel de l’endroit manque totalement de charme mais nous n’avons guère le choix après une telle journée.

Nuit bruyante à cause de la route et surtout de la voie ferrée : nous sommes sur le couloir qui donne accès à l’Assam et aux autres Etats du nord-est indien.

111ème jour, 24 décembre, Kishanganj Kalimpong, 201 km : nous gagnons le matin l’aéroport de Bagdogra (90 km) sans difficulté par la route NH 31, qui est bonne dans l’ensemble. Les premières plantations de thé apparaissent à mi-route.

Le vol de Delhi se pose à 13 h 30, avec un peu d’avance et nous retrouvons Clément fraîchement arrivé de Paris.

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Nous prenons aussitôt la route pour Kalimpong. Induits en erreur par notre GPS Garmin, que nous avions pourtant bien programmé, et par un panneau de signalisation erroné, nous prenons une route très longue (110 km au lieu de 60) : nous montons jusqu’à Ghoom (2200 m, 7 km de Darjeeling), redescendons jusqu’à Teesta (400 m) et remontons vers Kalimpong (88° 28’E, 27° 04’N, 1250 m). Le célèbre train jouet de Darjeeling semble désaffecté entre Siliguri et Kurseong, mais il fonctionne toujours entre Kurseong et Darjeeling.

Ces routes sont belles dans la montagne et la forêt, avec de belles vues malgré le brouillard, mais elles sont très raides (pentes à 15 % et plus) et sinueuses donc très lente (nous arrivons à 18 h 30 après avoir parcouru 110 km en près de cinq heures). Dans les villages traversés de nuit, à flanc de montagne, plusieurs maisons ont allumé une étoile pour Noël.

Nous passons la nuit dans un bel hôtel colonial (Kalimpong était une station d’altitude prisée des Britanniques), qui nous sert le dîner de Noël dans une belle salle à manger avec sapin et feu de bois.

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112ème jour, 25 décembre, Kalimpong Gangtok (Sikkim) et excursion à Rumtek, 137 km : petite promenade dans Kalimpong le matin. L’église est comble pour l’office de Noël. Nous traversons ensuite le cantonment avec ses casernes méticuleusement tenues et son golf, pour monter jusqu’au Durpin Gompa (alt 1372 m), monastère tibétain récent (1976) mais bien décoré. Belle vue sur Kalimpong malgré les nuages.

Nous redescendons ensuite dans la vallée et reprenons le route nationale jusqu’à Gangtok. La route est de qualité moyenne et elle est chargée. Les formalités d’entrée au Sikkim, à Rangpo, prennent une demi-heure (obtention puis vérification du permis par deux bureaux différents).

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Arrivés à Gangtok (88° 37’E, 27° 20’N, altitude comprise entre 1400 et 1700 m, la ville est à flanc de montagne) vers 15 h 30, nous repartons une heure plus tard pour le monastère très connu de Rumtek, de l’autre côté de la vallée (24 km par la route). Notre chauffeur de taxi, qui nous conduit à vive allure est un Tibétain, « ancien  militaire » qui arbore fièrement le fanion tibétain sur sa voiture.

Le monastère de Rumtek (alt. 1690 m), déjà visité en  2002, est toujours fortement gardé par la police armée indienne (Indo Tibetan Border Police Force) en raison des troubles qui s’y sont naguère produits entre moines lors de la succession du Karmapa, chef de la secte Kagyupa. Rumtek est en effet le monastère majeur de la secte. Le contrôle de nos passeports prenant beaucoup de temps, nous arrivons au monastère à la nuit tombante. On n’y voit plus grand chose, les visiteurs partent, mais nous avons droit aux belles sonneries de trompes de la tombée de la nuit.

Gangtok est toujours très animé. La rue centrale, MG Marg, est devenue une rue piétonne, ce qui la rend assez agréable malgré la foule.

113ème jour, 26 décembre, Gangtok lac Tsomgo et retour, 72 km : départ à 9 h vers l’est, sur la route du col de Nathu. Une agence locale nous fournit une voiture, une guide, un chauffeur et les permis nécessaires, car cette zone frontalière est fortement réglementée, il n’est pas possible de s’y rendre seul.

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La route s’élève rapidement au départ de Gangtok. On franchit deux postes de contrôle successifs où nos permis sont vérifiés. Beaucoup de circulation civile (quelque deux cents voitures conduisent chaque jour des touristes) et militaire (nombreux camions pour ravitailler les garnisons). La route est mauvaise dans l’ensemble. Elle est en réfection permanente car les glissements de terrain en emportent souvent des morceaux entiers, surtout pendant la mousson d’été. La forêt se fait peu à peu moins dense et cesse vers 3 500 m. Avec l’altitude, le temps devient très dégagé et la vue est belle. On aperçoit au nord-ouest l’extrémité sud du massif du Kanchenjunga, mais pas le sommet lui-même.

La route s’élève au milieu des garnisons militaires qui gardent la frontière. On trouve aussi les villages en tôle des nombreux cantonniers de la Border Road Organization qui entretiennent la route. Cela enlaidit quelque peu un paysage qui est beau par ailleurs.

Cette route dessert le col de Nathu (Nathu la) qui est, depuis 2006, l’un des trois postes frontière ouverts entre l’Inde et la Chine. Mais cette ouverture est très limitée : six mois par an environ, au printemps et à l’automne ; pour les seuls commerçants disposant d’une licence pour le commerce transfrontalier ; ces commerçants ne peuvent aller qu’à 11 km à l’intérieur du territoire chinois (sans doute à Yadong, NdR) où se trouve un emporium destiné au commerce indo-tibétain. Au delà, la route continue vers Gyantze où nous étions passés le 9 octobre. Cette route ne peut en aucun cas être utilisée pour se rendre au Tibet proprement dit, même pour les Indiens, a fortiori pour les étrangers. Jusqu’à la guerre sino-indienne de 1962, un commerce actif reliait le Bengale au Tibet, il passait par le col de Jelep, un peu plus au sud. Celui-ci est désormais fermé.

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A 34 km de Gangtok, nous parvenons vers 11 h 30 au lac Tsomgo (88° 46’E, 27° 23’N, alt. 3750 m). C’est un lac de petite taille (1,08 km sur 460 m) au milieu des montagnes. Il est considéré comme sacré par les Sikkimais. Nous sommes heureux d’être montés jusque là malgré l’affluence touristique (échoppes, promenades en yaks, télécabine en construction) et la petite garnison installée sur la rive. Un peu de neige durcie nous dissuade de nous élever trop haut au dessus du lac, sur le versant à l’ubac.

Pour nous, la route s’arrête là et nous devons redescendre à Gangtok. Les touristes indiens, eux, s’ils sont munis des permis nécessaires, peuvent continuer jusqu’au col frontière et admirer le golf le plus élevé du monde (3 965 m) et le monument dédié à un sergent indien disparu dans une avalanche, que les militaires indiens postés dans ces montagnes considèrent comme leur protecteur.

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114ème jour, 27 décembre, Gangtok Darjeeling, 152 km : nous quittons Gangtok peu avant 8 heures par la route nationale prise avant hier. A Singtam (27 km), nous bifurquons vers l’ouest et partons dans les collines du sud-Sikkim : Ravangla, Namchi, Jorethang. Les routes sont étroites et sinueuses à travers les collines, mais moins mauvaises qu’on pourrait le craindre. Les sites touristiques sont d‘intérêt limité (monastère neuf et statue monumentale du Bouddha à Ravangla notamment). La route est en revanche assez belle, surtout entre Ravangla et Namchi où l’on chemine sur une ligne de crête, dans une belle forêt sans doute protégée. Entre Namchi et Jorethang, les villages montent à l’assaut  des collines et le déboisement est important.

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Après Namchi, on quitte le Sikkim au  pont de Rammam. Le contrôle est digne d’un passage de frontière et nos passeports sont tamponnés comme à l’entrée. A la sortie du pont, nous prenons la route à gauche et nous élevons à travers les jardins de thé. La pente est forte, très forte par endroits (la vitesse lente du 4x4 est appréciable) et la route très dégradée (elle n’a pas due être très entretenue depuis notre passage en 2002) ce qui donne une montée spectaculaire.

Nous arrivons à Darjeeling (88° 16’E, 27° 02’N, alt. 2135 m) à la nuit. Nouvelle recherche d’hôtel difficile, avec une circulation dense en centre ville. Nous avons notre récompense avec un très bel hôtel colonial, cousin de celui de Kalimpong. Dîner de style au piano, feu de charbon dans notre chambre qui nous prémunit contre le froid bien réel dû à l’altitude.

115ème jour, 28 décembre, Darjeeling Ghum et retour, 14 km : Darjeeling est gris, humide et froid à cette période de l’année. Les nuages cachent les montagnes et notamment le massif du Kanchendzonga, qui devrait être visible au nord-ouest. Les touristes indiens y sont cependant nombreux.

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Nous nous rendons à la gare où il se confirme qu’il n’est pas possible d’emprunter le célèbre « train jouet » faute de  l’avoir réservé à l’avance. Nous nous bornons, comme les autres touristes, à le photographier, surtout la locomotive à vapeur qui est la star de la gare.

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Visite ensuite de quatre gompa (monastères tibétains) de Darjeeling et de Ghum (7 km au sud, nous retrouvons le train sur la route). Ils sont récents et pour la plupart d’intérêt limité (spectacle tout de même des jeunes moines jouant au cricket et des touristes indiens visitant un monastère tibétain). Le monastère de Bhutia Busty, au nord-est de la ville, est le plus tranquille et le plus beau. Nous avons la demi-surprise d’y découvrir, parmi d’autres, une photo du 11ème Panchen Lama (que nous avions rencontré au monastère de Sakya, au Tibet, le 9 octobre). Le fait que sa photo soit montrée dans un monastère situé hors de Chine (alors que c’est rarement le cas au Tibet-même) tendrait à confirmer qu’il jouit d’une certaine popularité malgré la controverse sur sa désignation. Sans surprise, les photos du Dalai Lama sont nombreuses dans tous les monastères visités.

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Visite l’après-midi du Himalaya Mountaineering Institute et de son petit musée dédié à la conquête de l’Everest. Tenzing Norgay, qui fut le premier à le gravir accompagné de Sir Edmund Hillary (nous explique-t-on) fut longtemps le Directeur de l’Institut. Un monument est érigé à sa mémoire.

L’Institut étant contigu au zoo, nous parcourons celui-ci, qui est dédié à la faune himalayenne. Quelques très beaux spécimens – tigre du Bengale, léopards, ours noir, loups de l’Himalaya … - qu’il est triste de voir en captivité.

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116ème jour, 29 décembre, Darjeeling Begusarai (Bihar), 428 km : nous quittons Darjeeling avec un très beau temps, ce qui nous permet enfin d’admirer la vue sur le Kanchendzonga, depuis la ville, puis depuis le point de vue de Batasia, à Ghum. La descente vers la plaine est très lente car la route est chargée : 4 heures pour 64 km. Nous traversons la couche nuageuse après Kurseong.

Nous retrouvons la route nationale (NH 31) à midi, juste avant Bagdogra. Nous la suivons vers le sud-ouest par un temps devenu très couvert : nous repassons par Kishanganj et Dalkhola (voir plus haut, 23 décembre) et continuons au delà, dans l’Etat du Bihar. Nous avions prévu de passer la nuit à Purnia, mais la marée humaine est si dense que nous ne pouvons gagner en voiture l’hôtel proche de la gare. Nous poursuivons donc dans la nuit et le brouillard, sur une route d’abord très bonne, puis assez dégradée. C’est seulement à 22 h 40 que nous finissons, après plusieurs tentatives, par trouver un toit acceptable – sous l’appellation improbable de Tahiti Resorts - dans la petite localité de Begusarai (86° 06’E, 25° 26’N).

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117ème jour, 30 décembre, Begusarai Rajgir, 120 km : nous partons à 10 h dans un brouillard encore épais et sur une mauvaise route. Nous traversons bientôt le Gange pour la troisième fois, sans le voir. Nous prenons ensuite la route NH 82 vers le sud-ouest, qui est une très petite route. Le soleil perce la brume et nous avons droit à une vraie plongée dans les villages pauvres du Bihar et leurs travaux agricoles.

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Cette route aboutit à la petite ville de Bihar Sharif. Faute d’avoir trouvé la route qu’utilisent sans doute les conducteurs, nous devons traverser cette petite ville et son marché de part en part. Bien que nous ayons déjà une certaine expérience en la matière, cette traversée est la pire depuis notre arrivée en Inde . Nous nous retrouvons coincés dans un bouchon inextricable de piétons , de motos et de cyclopousses, dont nous ne nous serions sans doute pas extirpés sans l’intervention secourable d’un policier. La densité humaine autour de la voiture a atteint par moment des sommets. Nous poussons un ouf quand l’épreuve se termine.

Visite de deux sites voisins :

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  • Kuldapur, sanctuaire érigé su le lieu de naissance du fondateur du jaïnisme ; un complexe moderne a été érigé à côté du temple ancien ; intérêt limité pour les non spécialistes ;

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  • Nalanda, très ancienne université bouddhique (fondée au 5ème siècle av. JC) avec des vestiges archéologiques en brique : monastères, temples; c’est un beau site bien restauré, mais la fréquentation touristique indienne et asiatique est très importante : Nalanda est visiblement sur le parcours du « tourisme bouddhique » avec Lumbini et Bodh Gaya.

En raison du temps perdu le matin, la nuit tombe déjà quand nous arrivons à Rajgir (85° 25’ E, 25° 01’N). Nous y trouvons un gîte convenable, ce qui n’allait pas de soi en raison de l’affluence touristique.

118ème jour, 31 décembre, Rajgir Bodh Gaya, 84 km : visite le matin de quelques unes des nombreuses curiosités touristico-religieuses de Rajgir :

  • le musée jain de Veerayatan avec ses dioramas didactiques sur l’histoire des fondateurs;
  • les ruines de la prison où le Roi Bimbisara, contemporain du Bouddha, fut jadis détenu par son fils et de l’ancien hôpital de la même époque;

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  • le stupa Vishawashanti, perché sur la colline de Ratnagiri au sud de la ville; il a été rénové de fond en comble par le Japon et offre une belle vue sur la plaine et la forêt voisines ; nous montons à pied au sommet de la colline dans un grand concours de peuple.

Nous prenons vers 11 h la route vers le sud. Elle est en bon état et bien dégagée entre les villages mais il faut traverser de nombreux villages avec leurs marchés et des ralentisseurs de vitesse incessants. Bien que nous parvenions à éviter le centre de Gaya, il nous faut près de trois heures pour parcourir 80 km. C’est à nouveau une vraie plongée dans le Bihar rural.

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Moines tibétains au temple Mahabodhi, Bodh Gaya

Bodh Gaya, où nous arrivons vers 14 heures, est un haut lieu de pèlerinage bouddhique. Les pèlerins et visiteurs y sont très nombreux et entraînent une importante activité économique. Le principe est le même qu’à Lumbini, au Népal (voir notre journal du 26 octobre) : un temple central – construit ici sur le site où le Bouddha reçut l’illumination – et de nombreux temples périphériques construits par différents pays bouddhistes (ou non : les rares bouddhistes du Bangladesh ont construit le leur ;mais, con trairement à Lumbini, nous n’avons pas trouvé de temple français).

Nous visitons notamment :

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  • Le temple Mahabodhi, sur le site de l’illumination du Bouddha. Construit autour du figuier successeur du figuier de l’illumination du Maître, il date du 6ème siècle mais a été reconstruit à de nombreuses reprises, pour la dernière fois en 1882. Il vaut moins pour son intérêt architectural que pour l’afflux considérable et la ferveur des pèlerins bouddhistes de toutes origines et de toutes obédiences. Pèlerins et religieux tibétains, moines chinois ou taiwanais, moines thaïlandais ou sri lankais, fidèles d’Asie du nord-est et du sud-est sans oublier des Occidentaux en  nombre non négligeable. Tout ce monde prie, psalmodie, se prosterne ou médite avec une organisation bien réglée : chaque obédience a son territoire et on ne se mélange pas malgré la densité humaine du lieu. Même les Hindous ont leur petit coin et les visiteurs hindous sont nombreux dans ce haut lieu du bouddhisme.
  • Le musée archéologique avec quelques statues intéressantes (bouddhas couronnés notamment) ; sa pièce maîtresse est l’ancienne barrière de grès qui entourait jadis l’auguste figuier.
  • Le temple vietnamien : nous parvenons à le visiter alors qu’il est fermé. Havre de calme dans un joli jardin.
  • Deux temples tibétains.

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  • Le temple royal bhoutanais, qui présente avec les précédents une forte parenté mais avec une forme nouvelle pour nous.

C’est dans cette ambiance internationale de pèlerinage, au milieu d’une petite ville indienne poussiéreuse, que nous terminons l’année.

Ce journal est fractionné pour des raisons techniques. A suivre dans :  Journal Pékin Paris (2013-2014) : 3.3 - en Inde .