De Maumere à Labuanbajo, sur l’île de Flores

Publié le par Ding

Le volcan Inerie près de Bajawa, versant ouest

Le volcan Inerie près de Bajawa, versant ouest

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Abstract : one of the largest islands of the volcanic « inner arc » of Eastern Indonesia, Flores is hilly, lush and can be very wet during the rainy season. We drove 415 miles from Maumere on the north coast to Labuanbajo at the western tip of the island. Dense forest, beautiful ricefields, volcanoes, traditionnal villages reward visitors who spend enough time on this beautiful island.

Le volcan Ile Boleng à Adonara (photo 1) ; le cap Kopongdei (photo 2) ; arrivée à Maumere (photo 3) ; à Waiara, à l'est de Maumere (photo 4) Le volcan Ile Boleng à Adonara (photo 1) ; le cap Kopongdei (photo 2) ; arrivée à Maumere (photo 3) ; à Waiara, à l'est de Maumere (photo 4)
Le volcan Ile Boleng à Adonara (photo 1) ; le cap Kopongdei (photo 2) ; arrivée à Maumere (photo 3) ; à Waiara, à l'est de Maumere (photo 4) Le volcan Ile Boleng à Adonara (photo 1) ; le cap Kopongdei (photo 2) ; arrivée à Maumere (photo 3) ; à Waiara, à l'est de Maumere (photo 4)

Le volcan Ile Boleng à Adonara (photo 1) ; le cap Kopongdei (photo 2) ; arrivée à Maumere (photo 3) ; à Waiara, à l'est de Maumere (photo 4)

Nous sommes arrivés au port de Maumere, sur la côte nord de Flores, sur un paquebot de la compagnie nationale indonésienne qui venait de Kupang, à Timor-ouest. Cette croisière de treize heures sans luxe aucun nous a permis de voir ou revoir les îles de l’archipel de Solor. La navigation dans les détroits permet d’admirer plusieurs volcans car ces îles font partie de l’« arc intérieur », volcanique, qui vient de Java et se prolonge jusqu’aux Moluques. On découvre Flores à son extrémité nord-est, à l’approche du cap Kopongdei. C’est une côte escarpée, boisée et très peu peuplée.

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A Sikka, ancien établissement portugaisA Sikka, ancien établissement portugaisA Sikka, ancien établissement portugais
A Sikka, ancien établissement portugaisA Sikka, ancien établissement portugais

A Sikka, ancien établissement portugais

Cette ancienne possession espagnole, 350 kilomètres de long et 14 000 kilomètres carrés, est plus arrosée et plus fertile que Sumbawa à l’ouest ou Timor au sud. Elle culmine à 2370 mètres seulement mais les montagnes sont partout à l’exception de minuscules plaines littorales. Elle était jusqu’à une époque récente difficile à parcourir sur de mauvaises routes. J’avais rencontré des difficultés pour me déplacer en 1990 (voir ma lettre de l‘époque). La route « trans-Flores » qui la parcourt sur toute sa longueur est aujourd’hui de très bonne qualité mais elle reste très sinueuse en l’absence d’ouvrages d’art, donc lente.

Rizières près de Paga, sur la côte sud (photo 1) ; église rose et drapeau ukrainien insolite (photo 2) ; village traditionnel et jardin près de Moni (photos 3 et 4)Rizières près de Paga, sur la côte sud (photo 1) ; église rose et drapeau ukrainien insolite (photo 2) ; village traditionnel et jardin près de Moni (photos 3 et 4)
Rizières près de Paga, sur la côte sud (photo 1) ; église rose et drapeau ukrainien insolite (photo 2) ; village traditionnel et jardin près de Moni (photos 3 et 4)Rizières près de Paga, sur la côte sud (photo 1) ; église rose et drapeau ukrainien insolite (photo 2) ; village traditionnel et jardin près de Moni (photos 3 et 4)

Rizières près de Paga, sur la côte sud (photo 1) ; église rose et drapeau ukrainien insolite (photo 2) ; village traditionnel et jardin près de Moni (photos 3 et 4)

Nous l’avons parcourue sur 670 kilomètres, de Maumere, au centre-nord, à Labuanbajo à l’extrémité occidentale de l’île. Les routes secondaires sont étroites et parfois défoncées. Nombre de villages restent d’accès difficile . La saison des pluies qui a commencé nous a conduits à réduire un peu notre programme : certaines excursions deviennent impossibles, la mer est agitée et peut être dangereuse.

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Rizières "en toile d'araignée de Cancar (photos 1 et 2) ; vanille et clou de girofle à Bena (photo 5) ; alambic artisanal pour l'alcool de palme (photo 6) ; cabosses de cacao (photo 7)
Rizières "en toile d'araignée de Cancar (photos 1 et 2) ; vanille et clou de girofle à Bena (photo 5) ; alambic artisanal pour l'alcool de palme (photo 6) ; cabosses de cacao (photo 7)Rizières "en toile d'araignée de Cancar (photos 1 et 2) ; vanille et clou de girofle à Bena (photo 5) ; alambic artisanal pour l'alcool de palme (photo 6) ; cabosses de cacao (photo 7)Rizières "en toile d'araignée de Cancar (photos 1 et 2) ; vanille et clou de girofle à Bena (photo 5) ; alambic artisanal pour l'alcool de palme (photo 6) ; cabosses de cacao (photo 7)
Rizières "en toile d'araignée de Cancar (photos 1 et 2) ; vanille et clou de girofle à Bena (photo 5) ; alambic artisanal pour l'alcool de palme (photo 6) ; cabosses de cacao (photo 7)Rizières "en toile d'araignée de Cancar (photos 1 et 2) ; vanille et clou de girofle à Bena (photo 5) ; alambic artisanal pour l'alcool de palme (photo 6) ; cabosses de cacao (photo 7)Rizières "en toile d'araignée de Cancar (photos 1 et 2) ; vanille et clou de girofle à Bena (photo 5) ; alambic artisanal pour l'alcool de palme (photo 6) ; cabosses de cacao (photo 7)

Rizières "en toile d'araignée de Cancar (photos 1 et 2) ; vanille et clou de girofle à Bena (photo 5) ; alambic artisanal pour l'alcool de palme (photo 6) ; cabosses de cacao (photo 7)

Ces pluies abondantes donnent une nature luxuriante, très différente de Timor ou de l’est de Sumba. De nombreuses zones restent couvertes de forêt. Là ou des cultures sont possibles on trouve des rizières inondées dont les célèbres rizières « en toile d’araignée » de Cancar, près de Ruteng. Leur gestion est assurée collectivement par les familles locales, à l’instar du système traditionnel de gestion des rizières à Bali. L’île produit du café et du cacao, du bétel. Comme dans les autres îles d’Indonésie de l’est, le palmier borasse (lontar en indonésien) se prête à de multiples usages, dont la production d’alcool de palme. Plusieurs cultures annoncent les Moluques et la Nouvelle Guinée situées plus à l’est : clous de girofle, noix de bancoule, vanille.

Plage d'Ende (photo 1) ; plage près d'Aimere (photo 2) ; plage de Koka (photos 3 à 7)Plage d'Ende (photo 1) ; plage près d'Aimere (photo 2) ; plage de Koka (photos 3 à 7)
Plage d'Ende (photo 1) ; plage près d'Aimere (photo 2) ; plage de Koka (photos 3 à 7)
Plage d'Ende (photo 1) ; plage près d'Aimere (photo 2) ; plage de Koka (photos 3 à 7)Plage d'Ende (photo 1) ; plage près d'Aimere (photo 2) ; plage de Koka (photos 3 à 7)Plage d'Ende (photo 1) ; plage près d'Aimere (photo 2) ; plage de Koka (photos 3 à 7)

Plage d'Ende (photo 1) ; plage près d'Aimere (photo 2) ; plage de Koka (photos 3 à 7)

La plupart des plages sont de sable noir, comme il sied sur une île volcanique. Elles peuvent être belles mais la pollution plastique est forte près des villes en l’absence de collecte et de recyclage des déchets. Notre plage préférée, de sable blanc, est celle de Koka, sur la mer de Savu, donc sur la côte sud.

Le volcan Inerie, versant est (photo 1) ; volcan éteint près de Moni (photo 2) ; les lacs de couleur du Keli Mutu (photos 3 à 5) ; le cratère du Wawo Muda (photo 6)Le volcan Inerie, versant est (photo 1) ; volcan éteint près de Moni (photo 2) ; les lacs de couleur du Keli Mutu (photos 3 à 5) ; le cratère du Wawo Muda (photo 6)
Le volcan Inerie, versant est (photo 1) ; volcan éteint près de Moni (photo 2) ; les lacs de couleur du Keli Mutu (photos 3 à 5) ; le cratère du Wawo Muda (photo 6)
Le volcan Inerie, versant est (photo 1) ; volcan éteint près de Moni (photo 2) ; les lacs de couleur du Keli Mutu (photos 3 à 5) ; le cratère du Wawo Muda (photo 6)Le volcan Inerie, versant est (photo 1) ; volcan éteint près de Moni (photo 2) ; les lacs de couleur du Keli Mutu (photos 3 à 5) ; le cratère du Wawo Muda (photo 6)Le volcan Inerie, versant est (photo 1) ; volcan éteint près de Moni (photo 2) ; les lacs de couleur du Keli Mutu (photos 3 à 5) ; le cratère du Wawo Muda (photo 6)

Le volcan Inerie, versant est (photo 1) ; volcan éteint près de Moni (photo 2) ; les lacs de couleur du Keli Mutu (photos 3 à 5) ; le cratère du Wawo Muda (photo 6)

En raison des pluies, nous avons jugé sage de ne pas tenter l’ascension du volcan Inerie (alt. 2245 m), proche de Bajawa, et l’avons admiré depuis les villages situés sur ses pentes. Nous sommes en revanche allés voir le volcan Keli Mutu, le plus connu et le plus visité de l’île. Sa renommée tient à ses trois lacs de couleurs différentes mais celles-ci changent avec le temps en fonction de leur composition chimique : ils sont actuellement bleu turquoise, vert clair et couleur naturelle vert sombre. Le plus jeune des volcans de l’île, le Wawo Muda, nous a montré un petit lac jaune apparu après une éruption en 2001.

Marché et cathédrale du Christ Roi à Ende (photos 1 et 2) ; église Notre dame du bon conseil à Bajawa (photo 3) ; à Ruteng (photos 4 et 5)Marché et cathédrale du Christ Roi à Ende (photos 1 et 2) ; église Notre dame du bon conseil à Bajawa (photo 3) ; à Ruteng (photos 4 et 5)Marché et cathédrale du Christ Roi à Ende (photos 1 et 2) ; église Notre dame du bon conseil à Bajawa (photo 3) ; à Ruteng (photos 4 et 5)
Marché et cathédrale du Christ Roi à Ende (photos 1 et 2) ; église Notre dame du bon conseil à Bajawa (photo 3) ; à Ruteng (photos 4 et 5)Marché et cathédrale du Christ Roi à Ende (photos 1 et 2) ; église Notre dame du bon conseil à Bajawa (photo 3) ; à Ruteng (photos 4 et 5)

Marché et cathédrale du Christ Roi à Ende (photos 1 et 2) ; église Notre dame du bon conseil à Bajawa (photo 3) ; à Ruteng (photos 4 et 5)

L’île compte quelque deux millions d’habitants. Elle est donc moins peuplée que Java, Bali ou même Lombok. Jadis évangélisée par les Espagnols et les Portugais, puis par des missionnaires néerlandais, Flores reste majoritairement catholique. La visite de Jean-Paul II à Maumere en 1989 reste dans les mémoires. Des communautés musulmanes habitent cependant sur la côte et dans l’intérieur. Cette terre catholique se réveille souvent dès 3 heures 55 avec l’appel à la prière, chargé de mélancolie. Ici comme ailleurs, les religions monothéistes importées n’ont pas fait disparaître les traditions (adat) et les rites antérieurs. Un habitant de Bajawa nous a décrit un système matriarcal qui évoque celui de Sumatra-ouest.

A Bena(photos 1 à 7) ; à Luba (photo 8)
A Bena(photos 1 à 7) ; à Luba (photo 8)A Bena(photos 1 à 7) ; à Luba (photo 8)A Bena(photos 1 à 7) ; à Luba (photo 8)
A Bena(photos 1 à 7) ; à Luba (photo 8)A Bena(photos 1 à 7) ; à Luba (photo 8)
A Bena(photos 1 à 7) ; à Luba (photo 8)A Bena(photos 1 à 7) ; à Luba (photo 8)

A Bena(photos 1 à 7) ; à Luba (photo 8)

Nous avons visité les villages traditionnels de Bena et Luba près de Bajawa, au pied du volcan Inerie. Ces deux villages sont maintenus en état pour les touristes mais aucun autre étranger ne s’y trouvait lors de notre visite. Bien que les habitants soient aujourd’hui catholiques, l‘organisation traditionnelle en clans perdure ; il y a neuf clans à Bena et quatre à Luba. Les maisons traditionnelles portent sur leur toit une effigie (photo 3 ci-dessus) qui indique à quel ancêtre, homme ou femme, les occupants se rattachent. Chaque maison principale est flanquée de deux petites constructions secondaires et des cases sacrées s’y ajoutent pour les cérémonies traditionnelles. Des tombes anciennes ou récentes sont visibles un peu partout. Les deux villages comportent des pierres mégalithiques et des structures en pierre utilisées pour sacrifier des buffles. Ici comme ailleurs, rites et pratiques hérités de l’animisme restent vivaces.

A Labuanbajo, en essayant de ne pas voir le béton (photos 1 à 4) ; l'île de Komodo vue du nord-est à notre départ de Flores (photo 5)A Labuanbajo, en essayant de ne pas voir le béton (photos 1 à 4) ; l'île de Komodo vue du nord-est à notre départ de Flores (photo 5)
A Labuanbajo, en essayant de ne pas voir le béton (photos 1 à 4) ; l'île de Komodo vue du nord-est à notre départ de Flores (photo 5)A Labuanbajo, en essayant de ne pas voir le béton (photos 1 à 4) ; l'île de Komodo vue du nord-est à notre départ de Flores (photo 5)A Labuanbajo, en essayant de ne pas voir le béton (photos 1 à 4) ; l'île de Komodo vue du nord-est à notre départ de Flores (photo 5)

A Labuanbajo, en essayant de ne pas voir le béton (photos 1 à 4) ; l'île de Komodo vue du nord-est à notre départ de Flores (photo 5)

Bien que ce fût prévisible, l’arrivée à Labuanbajo, à l’ouest de l’île, est un choc : le village de pêcheurs visité en 1990 est devenue une ville balnéaire bétonnée avec marina, hôtels gâchant un très beau site et un port complètement embouteillé par des bateaux bien moins élégants que les anciens voiliers des Célèbes. Tout ceci pour conduire les touristes dans l’archipel tout proche de Komodo où ils voient les célèbres varans et les fonds coralliens. Que ces gros lézards nous pardonnent : je les avais vus en 1990, nous n’avons pas jugé utile de leur faire visite cette fois-ci en plein surtourisme. Nous resterons sur l’image de Flores, de ses volcans et de ses montagnes couvertes de forêt à perte de vue.

A Ende (photos 1 et 2) ; carte faisant apparaitre en noir la route "trans-Flores" (photo 3)A Ende (photos 1 et 2) ; carte faisant apparaitre en noir la route "trans-Flores" (photo 3)
A Ende (photos 1 et 2) ; carte faisant apparaitre en noir la route "trans-Flores" (photo 3)

A Ende (photos 1 et 2) ; carte faisant apparaitre en noir la route "trans-Flores" (photo 3)

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Voyez aussi notre journal quotidien de voyage à Timor, Alor et Flores.

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