D'une vie à l'autre

Publié le par Ding

 

            Lorsque l’avion dans lequel j’ai pris place le dimanche 7 mars a décollé de Pékin, j’ai senti qu’une page de ma vie se tournait. J’allais désormais commencer à chercher mon premier emploi. Cette étape marquerait le début de mon indépendance financière, (peut-être la dernière étape à franchir avant d’entrer dans la vie adulte). Je venais aussi de prendre auprès de Romy l’un des engagements le plus sérieux que l’on peut prendre dans sa vie. Lorsque ces pensées m’ont gagné à la sortie de l’avion à Roissy, ma gorge s’est nouée. Plus que de l’appréhension, j’ai préféré y voir le symptôme de la prise de conscience de l’importance du moment que je vivais. La confiance et l’excitation ont pris le dessus.

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            Quelques jours plus tard, j’ai passé un premier entretien d’embauche, déjà programmé. Puis il a fallu prospecter sans relâche les portails de recrutement de nombreuses entreprises sur Internet. Cette démarche m’a demandé d’affirmer mon projet professionnel. Ecrire des lettres de motivations et passer les premiers entretiens de recrutement m’ont aidé à exclure enfin certaines voies que j’hésitais encore à emprunter sans être sûr d’avoir pour elles une réelle motivation.

 

            Chercher son premier travail revient en effet à répondre (au moins provisoirement) avec une information et des choix limités à un ensemble de questions difficiles. Dans quelle discipline intellectuelle puis-je « me sentir à l’aise » ? Dans laquelle puis-je être performant ? Dans quel environnement ai-je envie d’évoluer ? A quel type d’activité ai-je envie de contribuer, autrement dit quelle place voudrais-je avoir dans la société ? Etc.

 

            Pour profiter jusqu’au bout des cours de l’ESSEC, j’ai par ailleurs fait une rentrée au troisième trimestre. Je m’étais en effet inscrit au préalable à trois cours par semaine. Pendant le mois qui a suivi, mes semaines se sont donc partagées entre ces cours, mes recherches d’emploi, un certain  nombre de démarches médicales. Il faut aussi reconnaître que j’ai profité de la fin de cette période étudiante pour multiplier les heures passées sur les rollers et les week-ends de vacances.

 

            Le week-end de Pâques, nous sommes allés en Italie avec Romy. Nous avons passé un peu de temps à Venise, mais surtout à Mezzomonte pour reconnaître les lieux dans la perspective de notre mariage.

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            Le week-end suivant, j’ai participé à ma première compétition de roller de la saison, l’étape de World Inline Cup de Rennes. Deux semaines plus tard, je me suis rendu à Lyon pour les Championnats de France Roller Marathon. La forme était au rendez-vous, mais j’ai mal compté les tours et n’ai donc pas réagi au départ du sprint final. La déception fut d’autant plus grande que j’avais longuement pensé à ce moment lors de mes séances d’entraînement dans la nuit shanghaienne. D’autres courses m’ont ensuite donné davantage de satisfaction. Je pense notamment aux 6 Heures du Circuit Carole où Romy et moi avons sommes chacun monté sur la première place du podium des catégories individuelles hommes / femmes.

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            Entre ces évènements rolleristiques, nous avons passé une très agréable semaine à Bréhat. Clément nous y a rejoint «grâce » au fameux volcan norvégien. C’est d’ailleurs au lendemain du retour que j’ai passé mon premier entretien dans l’entreprise pour laquelle je travaille aujourd’hui. Ce premier entretien a en effet donné lieu à deux autres. Lesquels se sont soldés quelques jours plus tard par une réponse positive ! La réponse m’a été communiquée alors que j’étais à Cergy sur le seuil de l’amphi ; mon cours allait commencer. Je me suis excusé auprès du professeur avant de quitter l’ESSEC, sans grands états d’âme. Après quelques jours de tergiversations, j’ai accepté cette offre de recrutement en CDD en renonçant à deux CDI pour lesquels j’avais des chances d’être recruté. L’offre en CDD me paraissait en effet plus attractive.

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            Quant à ma dernière semaine de vacances avant de commencer, je l’ai passée au Revest avec Romy. Le froid et la pluie ne nous ont pas empêchés de profiter de nos routes favorites. Le tour du Ventoux n’en fut d’ailleurs que plus épique. Arrivés au pied du Col des Abeilles, la route avait séché après une nuit pluvieuse. Le ciel s’est dégagé et le soleil a même « cogné » dans la montée. La descente sur Villes-sur-Auzon fut sensationnelle, à son habitude. Nous avons ensuite patiné au milieu des vergers de Flassan et de Bédoin, sous le soleil, avant de d’emprunter la route sous les pins jusqu’à Malaucène. Mais c’est là, après la pause déjeuner, que les choses se sont gâtées.  L’orage nous a surpris sur la petite route qui mène au hameau de Veaux. Il a laissé place à une pluie serrée dont nous avons dû nous accommoder pour faire toute la seconde partie du tour : Saint-Léger du Ventoux, Brantes, Savoillans, Reilhanette, Aurel, Ferrassières, et enfin le Revest. Soit près de 60 km sous la pluie pour boucler la boucle.

 

            Mes deux premières semaines de travail se sont bien passées. L’environnement de travail est stimulant, et ma mission se présente aussi riche qu’elle m’a été présentée. Les chiffres sur lesquels je travaille n’ont rien d’un cas d’école. Ils traduisent bel et bien la réalité de l’activité économique à laquelle je commence à contribuer. Mais je dois aussi m’habituer à mes horaires de cadre, et à une pression plus élevée que lors d’un stage. Il va devenir difficile d’avoir une vie à la sortie du travail. Je ne vais pas tarder à regretter parfois « ma vie d’avant », un peu comme la Chine me manque quelque fois alors que j’étais si pressé de retrouver mon pays (ou plutôt ma fiancée) il y a encore quelques mois. Je suis désormais entré dans la vie, « la vraie », avec ses avantages et ses inconvénients.

 

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