Chengde, à petite vitesse

Publié le par Ding

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Le temple de Pule, Chengde 

Ma dernière visite à Chengde remontait à Noël 2009. Il faisait alors – 20 ° et le « refuge contre la chaleur » (nom de l’ancienne résidence d’été des empereurs Qing) était couvert d’une neige durcie qui crissait sous les pas.

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J’y suis retourné les 22 et 23 septembre, par le plus lent des moyens de transport : le train. Une ligne à voie unique non électrifiée, commencée sous l’occupation japonaise en 1938 et achevée dans les années 50, serpente en effet sans compter pour traverser la zone de montagnes (de hauteur modeste, pourtant), qui sépare Pékin de l’ancienne Jehol, dans le Hebei, distante de 256 km. Le train met 4 h 26 pour l’aller et autant pour le retour, le tout avec une ponctualité parfaite. Et encore s’agissait-il de l’express quotidien, qui ne marque que trois arrêts : Tongzhou ouest, dans les faubourgs de Pékin, Huairou et Xinglong, déjà dans le Hebei. Les omnibus mettent 8 à 9 heures.

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Jusqu’à Miyun, le train traverse la plaine de Pékin et roule relativement vite (70-80 km/h ?). Ensuite, la voie s’élève dans les hautes collines qui frangent la municipalité de Pékin. Elle s’étire entre les champs de maïs jaunissants en cours de récolte et les arbres fruitiers. Entre Xinglong et Chengde, la voie est encaissée dans les montagnes du Hebei et le train avance très lentement. Bien que l’on soit encore proche de la capitale, c’est une région pauvre et aride, avec des villages déshérités : l’eau est réservée pour Pékin et l’agriculture locale n’en reçoit que la portion congrue. Beaucoup de jeunes sont partis travailler à la ville.

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 La gare de Chengde

Loin des TGV qui filent à grande vitesse dans les plaines, ce train des montagnes rappelle ceux des années 70 et 80 avec des wagons certes climatisés mais aux banquettes peu confortables – même en classe « molle » - un personnel nombreux et des hauts parleurs qui, heureusement, ne se chargent plus de l’éducation politique des voyageurs comme ce fut jadis le cas. Du coup, ce voyage au ralenti dans des campagnes pauvres a un parfum d’une autre époque qui n’est pas le moindre attrait du voyage.             

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Chengde a bien sûr beaucoup changé depuis nos premières visites, il y a quinze ans. Les tours ont poussé et les quartiers centraux  ne diffèrent guère de ceux de tant d’autres petites villes. Mais il reste l’essentiel : l’ancien domaine impérial enclos dans son mur de 10 km, où l’on peut se perdre et oublier les foules à condition de marcher un peu. C’est une belle forêt, très reposante.

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Et les huit temples extérieurs, construits par les Qing pour accueillir les émissaires des ethnies minoritaires, dont le plus spectaculaire est une réplique assez réussie du Potala tibétain. Malgré des touristes nombreux et des droits d’entrée devenus déraisonnables, ces visites sont intéressantes.

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A 250 km de Pékin (un peu moins par la route), on est déjà sur les confins de l’empire, dans une région de petites montagnes. Que l’on poursuivre au nord vers  La forêt de Saihanba ou au nord-est vers Chifeng et la Mongolie intérieure (voir journal de Mandchourie), on changera bientôt de monde. L’ancienne province de Jehol est déjà aux marches de l’Empire.

Mais ce n’est pas pour cette fois-ci. Après 24 heures d’une visite agréable, favorisée par ce très bel automne, il faut repartir, avec une sage lenteur, par le petit train sympathique et désuet.

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