Aux tombeaux Qing de l'est

Publié le par Ding

Regagner Pékin depuis Beidaihe suppose une longue traversée du Hebei oriental. Ayant dédaigné l'autoroute pour mieux voir le pays, j'ai eu tout loisir pour observer la route chinoise, d'un bitume tantôt excellent, tantôt effroyable. La conduite au milieu des poids lourds,  qui émergent souvent de nuages de poussière blanche (il n'a pas plu depuis début novembre) est un sport complet. L'urbanisation de la Chine est en marche et de peites bourgades sont devenues de vraies villes.
 
Il y aurait peu à raconter de cette journée de retour si je n'avais fait le détour des tombeaux Qing de l'est, but d'excursions familiales de notre premier séjour. Je les ai trouvés assez facilement, ce qui n'allait pas de soi puisque c'est la première fois que j'y allais de l'est et non au départ de Pékin : la chance, sans doute. L'autre bonne surprise est que l'urbanisation et l'industrialisation accélérées ont épargné ce beau site, que j'ai trouvé dans le même état qu'il y a dix ans(1). Il est possible que les autorités y aient veillé.
 
Aucune rénovation lourde n'ayant eu lieu ces dernières années, les tombeaux que j'ai pu voir (pas tous, faute de temps) sont un peu décatis : le crépi rouge s'écaille, quelques briques sont tombées, la mousse et l'herbe reprennent timidement leurs droits. Sans avoir le charme des tombeaux Ming avant leur restauration, les tombeaux Qing de l'est ont plutôt gagné avec cette légère patine. On peut de plus les visiter à son aise, ce qui n'est plus le cas de la plupart des tombeaux Ming (voir au tombeaux Ming ). Avec le peu d'affluence d'un lundi, et une température moins glaciale que la veille, cela reste un lieu agréable, protégé des hordes par son relatif éloignement de Pékin. Pour un peu, et s'il faisait quelques degrés de plus, on s'installerait sous les pins en rêvant aux empereurs (tombeaux à toits jaunes) et à leurs cocubines (tombeaux à toits verts). Mais, malgré l'attrait du lieu, je suis sagement parti de bonne heure pour regagner la capitale avant la nuit, achevant sans encombres cette boucle de quatre jours et 1010 km.

 

PS : nous sommes retournés plusieurs fois aux tombeaux Qing de l'est depuis. Voyez nos photos sur l'album Qingdongling Qingdongling .

 

(1) : une comparaison avec nos photos de l'époque montre cependant un site plus boisé aujourd'hui.

Publié dans Nouvelles de Pékin

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Hubert Guillois 01/01/2010 03:01


Très beau texte reliant les temps anciens, la décennie précédente et aujourd'hui. On y sent le pouls du temps dans lequel on baigne et qui, forcément, devient le nôtre qu'on le veuille ou non.


Ding 03/01/2010 10:30


"On dirait qu'en art le temps n'existe pas, je ne m'intéresse qu'à la vie la plus profonde des oeuvres, qui est faite de la mort des hommes." Bien qu'écrites pour une autre partie de
l'Asie, ces lignes de "la voie royale" paraissent pensées pour les tombeaux des empereurs de Chine qui se renouvellent d'une dynastie à l'autre mais offrent aussi une continuité
intellectuelle et artistique profonde.

De même la Chine du siècle actuel saccage son passé ou du moins les lieux qui en restent , ou , pire, les rénove façon Disneyland, mais ne peut se comprendre sans lui (voir la page http://dingfamille.over-blog.com/pages/Pekin_un_an_apres_les_JO-2297717.html ). Elle nous ballotte sans cesse
entre hier et demain.