Sur la voie de l'Aérotrain

Publié le par Ding

L'Aérotrain 01 entre Gometz la Ville et Limours

L'Aérotrain 01 entre Gometz la Ville et Limours

Vous souvenez vous de l'Aérotrain et de son inventeur Jean Bertin ? Si vous avez moins de 50 ans, cela ne vous dit sans doute rien. Voici un bref rappel :

Fruit des travaux des ingénieurs Jean Bertin (1917-1975) et Louis Duthion (né en 1929) ce véhicule futuriste pour l'époque combinait le principe du coussin d'air, breveté en 1961, et une motorisation à hélice, à réaction ou électrique linéaire. Le coussin d'air permettait à l'Aérotrain de voler à quelques millimètres au dessus de son rail de béton, permettant une grande vitesse et une quasi-absence de frottement.

Le prototype Aérotrain 02

Le prototype Aérotrain 02

Soutenu par les pouvoirs publics à partir de 1967, fortement médiatisé, l'Aérotrain sembla un temps destiné à révolutionner le transport des passagers. Propulsé par un réacteur et une fusée d'appoint à poudre, le prototype Aérotrain 02 (deux places) battit le record de monde de vitesse à 422 km/h en 1969. Il était envisagé de relier ainsi la Défense à Cergy, ce qui aurait été un tronçon bien court pour une mode de transport adapté aux longues distances.

Le prototype Aérotrain 01 près de Gometz la Ville ; I80 à réaction, entre Ruan et Saran, près d'Orléans
Le prototype Aérotrain 01 près de Gometz la Ville ; I80 à réaction, entre Ruan et Saran, près d'Orléans

Le prototype Aérotrain 01 près de Gometz la Ville ; I80 à réaction, entre Ruan et Saran, près d'Orléans

Les modèles I80-250 et I80-HV destinés au transport des passagers comptaient 80 places.

Dans les années 1970, cependant, le choix fut fait de privilégier la technologie du TGV qui permettait de transporter un beaucoup plus grand nombre de passagers et d'utiliser le réseau ferré existant. L'Etat se retira du projet Aérotrain en 1974. Très affecté par cette décision, Jean Bertin mourut en 1975. Il n'est pas certain que l'Aérotrain, sorte d'avion sur rail, aurait pu vivre longtemps dès lors que le carburant cessait d'être bon marché à partir du premier choc pétrolier. sans même attendre l'éveil aux préoccupations d'écologie et de changement climatique.

Sur la voie de l'Aérotrain

Nous sommes allés découvrir la première voie d'essais de l'Aérotrain : un tronçon en ligne droite de 6,7 km entre Gometz la Ville et Limours en Hurepoix, dans l'Essonne, sur l'emplacement de l'ancienne voie ferrée de Paris à Chartres par Gallardon, désaffectée en 1939 et déferrée en 1953.

En bordure de l'ancienne voie ferrée convertie en voie verte, le rail en béton de l'Aérotrain est bien là, avec sa section en T inversé. Il semble bien fruste avec ses jointures sommaires, en contraste avec les rails de TGV agencés au millimètre près. La technologie du coussin d'air était censée rendre superflu un usinage très précis.

Une seconde ligne, de 18 km en viaduc, a existé entre Ruan et Saran, près d'Orléans. Elle est désaffectée depuis 1977.

Sur la voie de l'AérotrainSur la voie de l'Aérotrain

Le spectacle est nostalgique par un temps d'hiver gris et froid : le rail en béton est couvert de mousse et largement enfoui sous les ronces et les feuillages. Sur cette voie verte désormais dévolue à la randonnée et à la bicyclette, on peine à imaginer un bolide lancé à 400 km/h. Fin un peu triste pour les rêves de Jean Bertin. Le progrès passe aussi par des échecs et des tentatives inabouties.

A l'extrémité nord de la voie, le monument de de Georges Saulterre à Gometz la Ville (photos http://www.luftkissenzug.de )A l'extrémité nord de la voie, le monument de de Georges Saulterre à Gometz la Ville (photos http://www.luftkissenzug.de )

A l'extrémité nord de la voie, le monument de de Georges Saulterre à Gometz la Ville (photos http://www.luftkissenzug.de )

Et pour vos randonnées : la voie verte du pays de Limours (photo Par VVVCFFrance — Travail personnel, CC BY-SA 4.0)

Et pour vos randonnées : la voie verte du pays de Limours (photo Par VVVCFFrance — Travail personnel, CC BY-SA 4.0)

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