Pantar

Publié le par Ding

Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa
Le port de Baranusa

Le port de Baranusa

Abstract : the Island of Pantar, north of Timor in Eastern Indonesia, has many similarities with the nearby Island of Alor but it remains little known and much less developped. Baranusa is a sleepy little town with many mosques. Villages in the interior remain traditional, with a strong influence of Protestant churches. Gunung Sirung, the island’s active volcano, is Pantar’s main attraction but its access may prove difficult.

L’île de Pantar fait partie de l’archipel d’Alor, à l’extrémité orientale des petites îles de la Sonde, dans l’est de l’Indonésie. Avec 728 km² et 40 000 habitants à peu près, c’est la deuxième île de cet archipel après l’île d’Alor située plus à l’est  (« Alor » désigne à la fois l’archipel et son île principale, déjà visitée en 2008 - voir l'article de l'époque).

Pantar, vue du détroit qui la sépare de l’île d’AlorPantar, vue du détroit qui la sépare de l’île d’Alor

Pantar, vue du détroit qui la sépare de l’île d’Alor

Peu connue et peu visitée, Pantar n’est pas d’accès très facile. Faute d’aéroport, elle n’est pas accessible par avion. Un cargo « pionnier », le Surya Terang Abadi, la dessert deux fois par mois sur un parcours sinueux au départ de Kupang (Timor-ouest) ou de Maumere (Flores), pour lequel il faut disposer de beaucoup de temps.

En barque de Kalabahi à BaranusaEn barque de Kalabahi à Baranusa
En barque de Kalabahi à Baranusa

En barque de Kalabahi à Baranusa

A défaut, il faut d’abord se rendre à Kalabahi, dans l’île d’Alor. De là, une barque pontée qui peut emporter une trentaine de passagers rejoint Pantar tous les matins en 4 heures 30 à peu près. Sans être très confortable, c’est une jolie traversée : de Kalabahi, on rejoint le détroit de Pantar que l’on prend vers le nord en longeant les petites îles de Kepa, Ternate (à ne pas confondre avec l’île éponyme des Moluques du nord) et Buaya. Peu avant de contourner la pointe nord de Pantar, on passe en vue des bungalows d’un club de plongée tenu par un Marseillais, petite enclave de luxe unique à Pantar. Puis on contourne la pointe et on vire vers le sud-ouest. On découvre alors la petite île de Labang et, plus loin, l’est de l’île de Lembata, dans l’archipel de Solor.

Pantar
PantarPantar
PantarPantar

Belles vues pendant tout le trajet avec des côtes rocheuses, des plages, des fonds coralliens et des collines partiellement défrichées et mises en culture. Le voyage se termine dans une large baie ouverte vers le nord, au fond de laquelle se trouve Baranusa (124° 05’E, 8° 21’S), la seule ville de Pantar.

Pantar

L’arrivée à Baranusa confirme aussitôt ce que la faible notoriété de Pantar laissait pressentir : c’est une très petite ville, plutôt un gros village, qui rappelle davantage les Moluques du sud-ouest visitées quelques jours plus tôt que Kalabahi,  beaucoup plus développée. Le port, les rues, les commerces sont plus que modestes, la vie semble s’écouler au ralenti.

Baranusa, près du port
Baranusa, près du portBaranusa, près du port
Baranusa, près du port

Baranusa, près du port

Ces maisons sont celles de chefs de clansCes maisons sont celles de chefs de clansCes maisons sont celles de chefs de clans

Ces maisons sont celles de chefs de clans

Pas de voitures mais quelques motos et camions. Les commerces se réduisent à quelques épiceries. Une minuscule auberge – fermée mais on peut demander la clef chez une voisine … -  et une épicerie qui sert des repas simples. Le « centre de services Internet » installé par les autorités ne fonctionne plus.

Le marché de Baranusa

Le marché de Baranusa

Les bureaux du canton de Pantar-ouest (l’île fait partie de la régence d’Alor), un poste de police, un marché à la sortie de la ville et des écoles complètent le tableau.

PantarPantar

A cela s’ajoutent de nombreuses mosquées (sept ou huit dont deux en construction) et une vaste école coranique.  Comme la côte occidentale d’Alor (Alor kecil), Baranusa et les villages côtiers qui l’entourent sont fortement islamisés, alors que la province des îles de la Sonde orientales est majoritairement protestante. Baranusa était jadis le siège d’un petit royaume musulman connu sous le nom de Boli Tonda, dont l’existence a été attestée par un voyageur portugais dès 1522. Le vendredi à l’heure de la prière, la ville est vide et les mosquées sont pleines.

Pantar

Le réseau routier carrossable est limité, à la mesure d’un parc automobile quasi-inexistant. Une route étroite longe la baie vers le nord-ouest. La route principale, en cours de goudronnage sur 3,5 km, quitte Baranusa vers le sud-est. Elle est empruntée par quelques motos et de rares camions.

Pantar

Après 6 km, on atteint Piring Sina, le dernier des cinq villages de l’ancien royaume musulman,  où sont conservés, à la lisière d’une plantation,  un ancien canon et une sorte de grappin dont rien n’indique comment il sont arrivés là.

La route s’élève ensuite dans les premières collines. Au village d’Air Panas – ainsi nommé en raison de ses sources chaudes – un changement important saute aux yeux : le village est protestant avec son église, ses images pieuses et ses crucifix. Les villages suivants le seront aussi. C’en est fini de la zone côtière malaise et musulmane, on est maintenant dans l’intérieur de l’île avec des types humains proches de ceux des îles Aru et de la Papouasie et une forte influence protestante.

PantarPantar
Pantar

L’habitat se modifie également avec des maisons plus traditionnelles à toits en chaume de palmier. Bien que son relief soit moins accidenté, Pantar présente le même contraste qu’Alor entre une côte malaise et musulmane et un intérieur chrétien, agricole, qui évoque l’Océanie autant ou plus que l’Asie du sud-est. Les langues parlées dans les villages de l’intérieur – une demi-douzaine - n’ont pas de consonance malaise et ne sont pas compréhensibles par les habitants de Baranusa, indiquent les villageois. La route s’élève doucement. Elle traverse quelques zones boisées et des collines cultivées en maïs (surtout) avec aussi du riz sur brûlis, du manioc. Les légumes et les arbres fruitiers sont peu nombreux à l’exception des jambosiers [1] des noix de cajou et des papayers car le climat est sec.

 


[1] : arbre de la famille des myrtacées, originaire d’Asie (syzygium jambos, jambu en indonésien) ; ses fruits légèrement acidulés sont appréciés et commercialisés sur place mais ne sont guère exportés car ils se conservent mal.

Pantar
PantarPantar

La route, dégradée, aboutit au village de Mauta, également connu sous le nom de Kakamauta (alt. 220 m). C’est un gros village (1 639 habitants, collège, lycée) au nord du volcan Sirung. L’habitat reste assez largement traditionnel, pas d’électricité mais un peu de lumière le soir grâce à des LED et de petits panneaux solaires sur les toits. En attendant qu’une maison soit construite pour les visiteurs (c’est prévu), ceux-ci trouvent chez le chef du village une hospitalité spartiate mais sympathique.

MautaMauta
MautaMautaMauta

Mauta

Pendant la saison des pluies qui est aussi celle des plantations, il n’est malheureusement pas possible de gravir le volcan (124° 06’E, 8° 31 ‘S, alt. 869 m), situé au sud de l’île, connu pour sa caldeira et son lac de cratère. Le Sirung est le seul volcan actif (dernière éruption, mineure, en 2012) d’une chaîne de 14 km de long. Le chef du village ne donne aucune autorisation de janvier à mai, sans que les raisons en soient expliquées très clairement : dégâts qui seraient causées aux cultures ? croyance ancienne ? Selon une source [2] non confirmée sur place, il serait également interdit de gravir le volcan de juin à septembre par crainte des éruptions (sic), ce qui réduirait beaucoup les possibilités.

 

[2] : Walter Denzel et Dan Quinn, http://www.gunungbagging.com/sirung/ , 2013.

Pantar

On ne peut voir que de loin le volcan lui-même avec son dégagement de vapeur, et surtout le Topaki  ou Delaki qui qui le domine (alt. 1372 m) avec ses pentes boisées.

Au delà de Topa, il est possible de poursuivre vers l’est et de rejoindre la côte orientale de l’île mais à pied tant le réseau routier est en mauvais état.

Les similarités entre Pantar et Alor sont donc nombreuses, y compris la difficulté d’explorer l’intérieur de l’île en raison de l’état des routes et de la rareté des moyens de transport.

Pantar, vue de Kepa

Pantar, vue de Kepa

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