Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 08:10

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Revenir dans une ville appréciée jadis est toujours périlleux, surtout en Chine où les choses vont vite. Je n’avais pas revu Xi’an depuis quinze ans, hormis une visite éclair l’an dernier, trop brève pour rien voir (si ce n’est une vaste exposition d’horticulture à la périphérie). Je viens d’y retourner un peu plus longuement, pas assez pour vraiment mesurer le chemin parcouru, mais un peu tout de même.

 

Le choc, attendu, est bien là. Xi’an est devenue une grande ville, avec trois à huit millions d’habitants suivant la manière dont on compte (dont un million d’étudiants !). L’arrivée en ville est celle de toutes les grandes villes chinoises avec un aéroport flambant neuf, une gare TGV en construction à proximité, un métro, des autoroutes urbaines et une épaisse forêt de tours de bureaux et de logement.

 

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Même à l’intérieur des remparts (illuminés la nuit, un peu kitsch), des quartiers commerçants et des rues piétonnes ont été entièrement refaits et étalent une modernité qui ne jurerait pas à Singapour ou à Dubaï (le gris anthracite rappelant tout de même que nous sommes en Chine du nord).

Choc de la modernité encore près de la pagode de la grande oie. C’était jadis la limite sud de la ville. C’est aujourd’hui une zone de culture et de loisirs toute neuve (« Qujiang ») avec musée, salle de concert de prestige de 1250 places, hôtels, commerces. C’est la pagode centenaire qui paraît aujourd’hui incongrue dans cette ville nouvelle.

 

 

  Glacier francophile dans une rue piétonne

 

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Recherche un peu déprimante, enfin, de la grande mosquée de la ville, où l’on accède au cœur d’un quartier restauré pour le tourisme et devenu un emporium de boutiques de souvenirs. La mosquée elle-même, merveille d’architecture hui (chinoise musulmane), m’a semblé un peu fatiguée et ternie – mais des travaux sont en cours.

 

 

 

 

A la grande mosquée               

 

Jusque là, le bilan était à tout le moins en demi-teintes : de belles réalisations peut-être mais un cachet largement perdu, au point que je me suis surpris à flâner dans une rue de HLM bien crasseux pour retrouver un peu du Xi’an d’antan avec ses rues embouteillées, ses platanes et ses commerces.

 

Deux bonnes surprises, heureusement, pour cette courte visite :

  • Xian 0512 023Au nord de la grande mosquée, le quartier musulman a été laissé en l’état et la promenade y est un vrai bonheur avec ses marchés en pleine rue, ses oiseaux chanteurs et ses grillons dans des cages, ses galettes de blé gigantesques, ses nouilles de toutes tailles,  les quartiers de bœuf au crochet des boucheries, ses petits vieux barbichus, bref la vraie vie comme avant et pas un touriste.

 

 

 

 

  • Xian 0512 039Le tombeau Hanyangling de l’empereur Jindi (188-141 av. JC, le quatrième empereur Han), fouillé dans les années 90 et ouvert au public en 2006, est remarquable. Dans les 81 puits qui entourent le tumulus central, on a retrouvé des objets en bronze, des bijoux, des armes, des milliers de statues d’animaux et surtout des statues de terre cuite sans leurs bras (les bras en bois articulés ont disparu), formant une armée miniature (voir les photos du site officiel : link http://www.hylae.com/en/main.asp), très différente des célèbres guerriers en terre cuite de la dynastie précédente (Qin) qui ont fait la renommée de Xi’an. Plus loin de la ville, beaucoup moins fréquenté par les touristes (mais visité par des grands de ce monde : le Président Sarkozy et son épouse en 2010), remarquablement présenté, ce tombeau est un site de premier ordre.

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Si vous en doutiez, Xi’an mérite donc toujours largement une visite.

Par Ding - Publié dans : Nouvelles de Pékin
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 07:12

Le concept de médecin de famille va de soi en France où le public y est très attaché, mais il était jusqu'à maintenant inconnu en Chine : les malades, même pour un rhume, allaient consulter à l'hôpital, dans une clinique ou un dispensaire, où ils étaient reçus par un médecin de garde. Conscientes de l'intérêt des médecins de famille pour la santé publique, les autorités tentent à présent d'introduire cette pratique en Chine. Cela ne va pas sans mal, tant les Chinois y sont peu habitués. A Jinan, un médecin généraliste s'est fait traiter d'escroc lorsqu'il a voulu effectuer des visites à domicile, autre pratique inconnue des patients chinois. L'expérience est rude, comme le racontent Zhao Ruixue et Shan Juan dans le China Daily :

link http://www.chinadaily.com.cn/cndy/2012-05/19/content_15335861.htm

 

Pour les articles précédents de notre sélection, voyez la page : Chine : notes de lecture (mises à jour le 24 avril)

 

 

Par Ding - Publié dans : Nouvelles de Pékin
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 06:00

 

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La Chine du nord n'est pas réputée pour ses fleurs.

 

Son climat n'a rien de tropical même si on pourrait le croire avec les chaleurs lourdes de l'été. L'hiver, long et froid, est surtout très sec puisqu'il ne pleut quasiment pas de mi-octobre à fin mars. La campagne adopte alors des teintes brunes et grises et les fleurs en sont absentes pour près de six mois.

 

Dès le retour des pluies, en avril, le décor se métamorphose en quelques jours et les fleurs retrouvent droit de cité, avec une explosion de couleurs qui dure plusieurs semaines.  En schématisant, on admire successivement :

 

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- les arbres en fleurs;  roses, rouges ou blancs, ils transforment la ville et les campagnes alentour; c'est le plus spectaculaire;

 

 

 

 

 

 

 

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- les fleurs d'ornement - pivoines, dahlias, roses ... - que l'on trouve au jardin botanique de Pékin, bien sûr (une foule nombreuse s'y  presse en avril), mais aussi dans les parcs de la capitale (Jingshan, Ritan ...), dans des temples, chez des particuliers;

 

 

 

 

 

 

 

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- et les fleurs sauvages, toutes simples, que l'on admire au hasard des sorties : au bord des routes, dans les villages, au pied de la muraille, un peu partout. Plus durables que les précédentes,  elles sont encore là en automne, jusqu'en novembre, quand le gel et la sécheresse reprennent leurs droits. Moins remarquables sans doute, elles égaient la campagne et les villages et apportent des taches de couleur bienvenues aux champs et aux villages.

 

 

 

 

Ce sont ces fleurs, dans leur diversité, que nous vous invitons à découvrir dans notre album :  Cent fleurs à la campagne Cent fleurs à la campagne.

 

Pensez aussi à voir ou à revoir notre album Visages de Chine du nord Visages de Chine du nord , nous le complétons régulièrement.

Par Ding - Publié dans : Nouvelles de Pékin
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Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 06:00

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Les logements sociaux de la capitale chinoise – et plus généralement de Chine – sont parmi les plus rebutantes de toutes les constructions humaines. Barres ou tours de ciment ou de briques à bon marché, présentant une parenté certaine avec les logements sociaux soviétiques, ils sont presque toujours laids, parfois hideux.

 

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Si l’on excepte quelques cas où le projet architectural était sous-tendu par un dessein politique (voir « Anhualou, Fusuijing, vestiges d’une utopie »), ces tristes constructions à bon marché n’ont certainement jamais été belles. Elles ont de plus fort mal vieilli, la pollution de l’air et un entretien défaillant leur donnant une teinte grisâtre qui confère aux quartiers résidentiels une apparence lugubre. C’est encore plus vrai quand cette pollution nous vaut un ciel de plomb qui pèse comme un couvercle.

 

 

 

 

 

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Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, la privatisation de fait de ces logements n’a rien arrangé extérieurement. Les appartements naguère loués à un prix symbolique par les unités de travail (administrations ou entreprises d’Etat) sont devenus des biens marchands dont la valeur peut se chiffrer en milliers d’euros au mètre carré. Du coup, les propriétaires ont beaucoup investi pour rénover leurs appartements qui sont souvent devenus coquets : le voyageur étranger peut s’en apercevoir car ces logements ont parfois été transformés en auberges.

 

 

 

 

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Mais aucun effort n’a été fait pour rénover les façades, souvent lépreuses, et des parties communes étroites, sombres et sales. Les balcons se sont hérissés de grillages car la criminalité n’est plus négligeable. Les climatiseurs sont omniprésents et enlaidissent encore les immeubles.

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Certes, il y a eu les jeux olympiques de 2008 : du jour au lendemain, les HLM uniformément gris ont été repeints de couleurs vives. Mais le choix de celles-ci n’a pas toujours été très heureux et près de quatre ans ont passé depuis, de sorte que cette peinture est déjà bien passée, la pollution aidant.

 

 

 

 

 

 

 

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Bref, les HLM de Pékin sont laids et les amateurs du vieux Pékin les détestent d’autant plus spontanément qu’ils ont été construits sur les ruines des hutong, les quartiers traditionnels avec leurs maisons à cours carrées.

 

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Et pourtant. Le promeneur attentif qui ne se laisse pas rebuter par tant de laideur fera mille découvertes en arpentant ces quartiers avec un peu de méthode.

 

 

 

 

 

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Les immeubles de logement sont, depuis le début des réformes, colonisés par d’innombrables commerces de proximité qui rompent avec une architecture uniforme et y apportent couleur et animation. Comme cela ne suffit pas, des petits marchés informels s’installent entre les immeubles où l’on trouve fruits, légumes et toutes sortes de choses.

 

 

 

 

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Des petits métiers – couturières, rémouleurs - complètent le tableau, comme dans les rues traditionnelles. Malheureusement, les occupants des HLM sont pour la plupart propriétaires de voitures, ce qui transforme les espaces libres en parkings.

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos-Gongmenkou-041011-010.jpg    Photos-Guangqumen-011011-068.jpg   Photos Guangqumen 011011 009

 

Les immeubles les plus laids sont entourés de jardins plantés d’arbres, qui apportent une verdure bienvenue. Quand la place manque, ce sont la façade ou le balcon qui se font jardins.

 

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Ces jardins sont des lieux sociaux par excellence avec leurs bancs et leurs appareils de culture physique (les mêmes que dans les villages). Si les enfants n’y sont pas très nombreux (il y a peu d’enfants et ils travaillent beaucoup), leurs parents et surtout leurs grands parents y passent de longues heures à bavarder, pratiquer la gymnastique, les arts martiaux  et autres qigong, ou jouer à divers jeux de société, même en plein hiver.

 

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Du coup on retrouve entre ces barres de ciment une vraie vie de quartier comme dans les villages ou dans les quartiers anciens des villes. Il n’en faut pas plus pour humaniser ces lieux austères, y maintenir une vie de quartier qui tend à disparaître des rues traditionnelles détruites ou rénovées.

 

 

 

 

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Malgré leur laideur, ces HLM témoignent d’une histoire : construits dans les premières années de la République populaire, ils ont connu le Grand bond en avant, la révolution culturelle (de rares graffitis politiques en témoignent encore), puis les 30 ans qui ont changé la Chine. Avec leur vie de quartier et les personnes âgées à brassard rouge qui assurent le service d’ordre, ils sont aussi une part de l’histoire de la Chine, qui disparaîtra si on les démolit.

 

 

 

 

 

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Or cette démolition a commencé. Sans être aussi menacés que les hutong à cours carrées, les HLM sont à leur tour démolis pour faire place à des tours en verre et à des centres commerciaux de luxe, à l’image du Village, à Sanlitun, ce complexe commercial de haut de gamme qui a remplacé les HLM précédents.

 

 

 

 

 

 

 

Protéger les HLM de Pékin : l’idée peut faire sourire ou choquer tant ces logements sont laids. Mais ils font aussi partie du patrimoine. Quand ils auront disparu, une tranche d’histoire et de vie aura été détruite. C’est maintenant qu’il faut y penser.

 

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Par Ding - Publié dans : Nouvelles de Pékin
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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 01:41

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La muraille à Juyonguan

 

La neige est à nouveau tombée sur Pékin dans la nuit du 17 au 18 mars, plus abondante que le 2 mars. Nous sommes bien sûr retournés sur la muraille pour en profiter. Même le site de Juyonguan, trop restauré à notre goût, était beau sous cette couche de neige.

 

Puis nous sommes allé marcher dans le Hebei, près de Chenjiabu, et nous avons eu la muraille pour nous.

 

Photos Chenjiabu 180312 019

 

 

 

 

Nous avons à nouveau mis à jour notre album Muraille d'été, d'automne, d'hiver, de printemps Muraille d'été, d'automne, d'hiver, de printemps .

 

 

 

 

 

 

 

 

La muraille à Chenjiabu

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